Jeunesse libérale et dogme syndical 

Le président de la commission jeunesse du Parti... (Photothèque le Soleil)

Agrandir

Le président de la commission jeunesse du Parti libéral du Québec, Jonathan Marleau.

Photothèque le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Carrefour du lecteur
Le Quotidien

OPINIONS / Les jeunes libéraux et celui qui est à leur tête, le président M. Jonathan Marleau, indiquent clairement que la réorganisation du monde du travail est un enjeu prioritaire. Abolir le dogme syndical de l'ancienneté, faciliter l'accès des jeunes à des postes enviables, que la compétence devrait désormais primer sur le nombre d'années d'expérience des travailleurs... Vous pouvez être sûrs que vous touchez à une corde sensible, comme vous dites.

La jeunesse libérale en 2004 s'en est prise aux vaches sacrées syndicales. On souhaitait abolir la formule Rand, qui rend obligatoire le versement de cotisations au syndicat. Le gouvernement de M. Jean Charest avait alors rejeté cette proposition.

Bien mal partie encore une fois, votre revendication de dépouiller le monde du travail de l'ancienneté. Permettez-moi, M. Marleau, de vous dire que l'ancienneté est un droit, que les syndicats ont longuement débattu et acquis chèrement

.

Imaginez un instant des grosses compagnies, sans les nommer, ne pas respecter l'ancienneté sur les postes de travail lorsqu'un employé quitte pour la retraite, la maladie, ou lors d'un décès.

Remplacer par la compétence, et non sur la base de l'expérience et de l'ancienneté des travailleurs serait, à mon avis, un recul de 60 ans; un retour à l'ère de Maurice Duplessis.

Je veux bien préciser que je ne suis pas contre les jeunes, loin de là. Nos jeunes ont droit de revendiquer.

M. Marleau dit que ça ne remettrait pas la sécurité d'emplois d'un travailleur avec de l'ancienneté. Pas sûr de ça. Car une compagnie, même si son image parait bien, demeure un coeur sans âme.

Lorsque j'ai commencé à travailler, j'étais au bas de l'échelle et mon métier, je l'ai appris avec les anciens, ceux qui avaient de l'ancienneté. J'ai acquis mon expérience avec eux.

J'ai 70 ans, je me souviens de mon père qui a travaillé 32 ans pour l'Alcan dans les années 50; il en a bavé au début, avec son petit 0,50$ de l'heure.

Pas de sécurité d'emploi, pas le moyen d'être malade, sinon la porte n'est jamais loin. Travailler dans le gaz, la fumée, la chaleur étouffante, j'ai vu arriver mon père brûlé sur le corps, ses vêtements brûlés, c'était pitoyable. Cette vache à lait, comme vous dites quand vous parlez du syndicat, lui a permis de jouir de conditions de travail plus humaines, plus sécuritaires.

Commencez au pied de l'échelle et, comme le veut le dicton, ne placez jamais la charrue devant les boeufs.

Alain Duchesne

Chicoutimi-Nord

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer