Je suis un catholique... pas encore mort

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Le Quotidien

À l'article de la mort, beaucoup de chrétiens se recueillent, pensent à l'au-delà et demandent la présence d'un prêtre pour les derniers sacrements.

Est-ce un vieux réflexe dont il faut se départir au plus vite ou une attitude qui traduit un besoin fondamental de réconfort en fin de vie? En matière de fin de vie, d'ailleurs, le Québec s'est doté de mesures qui, dit-on, font largement consensus. Mais se peut-il que les soins de fin de vie pour un chrétien soient encore réduits dans notre région après la décision des administrateurs d'abolir le poste d'aumônier dans les hôpitaux rattachés au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, c'est-à-dire tous nos hôpitaux de la région? Oui. C'est ce qui arrivera si personne ne se lève pour réclamer le maintien des postes d'aumônier dans nos centres hospitaliers où nos parents agonisants n'auront droit qu'à la simple présence d'un animateur spirituel qui ne pourra leur donner ni le sacrement du Pardon ni celui de l'Extrême-onction? Au moment où ils «passent la porte» après une vie consacrée à l'édification de notre société, nos mourants, généralement âgés et attachés à leurs valeurs religieuses, ne pourraient plus avoir la possibilité de rencontrer un prêtre, de se confesser en préparant l'étape ultime? Sont-ce là les égards que l'on réserve pour ces personnes qui veulent mourir paisiblement?

On fait des pieds et des mains pour faciliter l'intégration des nouveaux arrivants au Québec et on ne ferait pas la même chose pour les Québécois «sortants» ? On s'empressait jadis de satisfaire les dernières volontés d'un condamné à mort; aujourd'hui, un citoyen québécois catholique se voit frustré de son droit à mourir dans la simple dignité religieuse et en conformité avec sa tradition.

Nos prêtres, même si leur nombre est décroissant, sont encore disponibles pour accompagner les mourants et leur donner la paix qu'ils désirent tant ... et qu'ils trouvent.

Ne cherche-t-on pas à tout aseptiser dans nos hôpitaux, même le nécessaire passage de cette vie à l'autre? Quoi qu'on en dise, nos gens murmurent encore des prières vers le Père et veulent se faire entendre jusqu'à la fin. Ce sont des racines identitaires, des marques indélébiles que la foi a laissées. Nous avons un devoir de mémoire pour ceux qui partent tout comme un devoir de respect pour ceux qui restent. En somme, croyants et non-croyants doivent humainement mettre à contribution toutes les ressources justifiées pour aider à bien préparer la rencontre avec notre soeur la mort.

Le Centre intégré universitaire des soins de santé (CIUSSS) - qui s'appelait, il n'y a pas si longtemps, un Hôtel-Dieu - n'est pas une entité sans âme; il a le devoir de se soucier des soins de fin de vie pour les personnes qui meurent et se souviennent de leur baptême chrétien.

Gilles-Pierre Côté, Saint-Félicien

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