Hydro-Québec et la facilité

Hydro-Québec demande à la Régie de l'énergie le... (Archives Le Soleil)

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Hydro-Québec demande à la Régie de l'énergie le droit d'augmenter ses tarifs d'électricité de 1,6 % à compter du 1er avril 2017, pour tous ses clients résidentiels et la majorité de ses clients d'affaires.

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Le Quotidien

OPINIONS / Hydro-Québec annonçait récemment son intention de demander une hausse de tarifs de l'ordre de 1,6 % en 2017.

Se targuant d'être modeste dans sa demande, la société d'État prétend que la hausse convoitée demeure, selon ses engagements, inférieure au taux d'inflation prévu. Donc, nous devons en comprendre que cette hausse serait pour nous, ses clients, une fleur d'autant plus que notre électricité est l'une des moins chères en Amérique du Nord, toujours selon ses prétentions.

Cependant, y a-t-il d'autres sources que HQ devrait scruter pour augmenter ses revenus au lieu de verser dans la facilité d'une demande de hausse de tarifs? Pourrait-elle par exemple diminuer ses coûts d'opération en allégeant ses structures et modèles organisationnels comme le font toutes les entreprises privées? Voici une situation réelle susceptible de fournir la réponse. Début juillet 2016, j'étais avec mon frère à son chalet situé sur la ZEC La Lièvre, au nord de Ste-Hedwige. Constatant qu'une petite épinette noire d'environ 4 ou 5 pouces de diamètre avait été poussée par le vent sur la ligne d'électricité entre son chalet et celui du voisin et étant donné que cette situation pouvait éventuellement provoquer un bris, mon frère contacte Hydro-Québec pour faire le constat. Aucune urgence, souligne-t-il, car le courant n'est pas interrompu ; il propose de couper lui-même l'arbre à la scie à chaîne, mais par mesure de sécurité, l'employé en ligne lui mentionne de ne pas s'y risquer. Il décrit à son interlocuteur l'emplacement exact par son adresse et donne tous les renseignements pertinents quant au lieu de l'intervention requise : quelque 50 mètres du chemin principal de la ZEC et environ 20 mètres au sud de son chalet.

Quelques heures plus tard, en revenant d'une promenade en VTT, nous apercevons non pas un, mais deux gros camions de service d'Hydro Québec qui circulent en direction de la sortie de la ZEC. De retour au chalet, nous constatons qu'Hydro Québec avait déjà répondu à l'appel, mais à quel prix? Une simple petite épinette noire de 4 pouces de diamètre qui mobilise deux gros camions de service et combien d'employés? Combien a pu coûter cette intervention? Aurait-elle pu être réalisée par une approche plus productive et moins coûteuse? Surement. Tout ce qu'il fallait était un seul employé, peut-être un deuxième par mesure de sécurité, une simple petite scie à chaîne protégeant du courant et un petit véhicule de type camionnette pour le déplacement. Mon frère avait pourtant fourni tous les détails requis permettant de limiter l'opération à ces trois simples éléments. Par surcroît, au lieu de marcher la distance de quelque 50 à 60 mètres requis, les employés ont préféré circuler avec leur gros camion dans la cour du chalet provoquant ainsi le défoncement de la surface graveleuse en quelques endroits.

Si HQ demande des hausses de tarifs pour nourrir de pareilles aberrations en matière d'organisation du travail, que le ministre responsable de cette société d'État fasse son boulot et exige qu'on fasse le ménage nécessaire au sein de l'organisation avant de lui permettre de formuler une demande de hausse de tarifs.

Yvon Riopel

Chicoutimi

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