Combien de victimes faudra-t-il?

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Bertrand Santerre

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Le Quotidien

OPINIONS / Combien de drames humains faudra-t-il pour que le ministre passe à l'action afin d'éviter toutes ces souffrances aux familles de personnes atteintes de maladie mentale? Des centaines de familles souffrent depuis plusieurs années.

Il est très dommage que ces drames se multiplient et que le ministre s'en lave les mains. M. le ministre, si c'était votre fils, votre père, votre soeur qui commettait l'irréparable, parce que mal soigné, est-ce que vous seriez plus compréhensif?

Nous avons suggéré des moyens de rendre la tâche plus facile aux établissements de santé. Nous avons souhaité qu'on développe un mécanisme d'entrée et de sortie de l'hôpital afin de mettre en place un plan de soins pour la personne malade, qu'elle ressorte avec un suivi. Nous voulons que l'on puisse enregistrer au dossier une personne de la famille ou un proche aidant comme personne-ressource lors de la demande de services, que ça soit expliqué à la personne malade qu'on va devoir communiquer avec le proche pendant son processus de rétablissement, question de pouvoir lui parler. Il faut savoir pourquoi la personne malade a été conduite à un service de santé mentale et ensuite expliquer les soins à donner .

Il nous semble à nous, ressource d'aide pour les familles de personnes atteintes de maladie mentale, évident que tout irait mieux si les proches étaient impliqués. Quand tout cela est bien expliqué au patient, que c'est pour son bien que les proches sont auprès de lui, on ne voit pas ce qui pourrait l'empêcher de dire non.

Nous savons que la personne dans un état de désorganisation mentale n'a pas le sens critique pour se reconnaitre malade et que ce sont ses proches qui réalisent que quelque chose ne va pas.

N'est-ce pas tout à fait normal qu'ils puissent interagir avec le personnel des CIUSSS ou autres services pour connaître ce qui est requis pour la santé de la personne malade? N'est-ce pas quelque chose qui se fait lorsqu'il est question de santé physique? Pourquoi est-ce si différent lorsqu'il est question de santé mentale?

Nous recevons beaucoup de familles chez nous et ces dernières sont très satisfaites de voir que par notre approche systémique, nous obtenons le consentement de la personne malade et qu'en équipe nous travaillons à son rétablissement.

La question que les familles se posent: « Pourquoi dans les services ailleurs qu'au Maillon on ne prend pas ce modèle? »

Le Plan d'action 2015-2020 fait un pas dans la bonne direction dans la référence systématique vers les ressources de familles. Nous sommes heureux de voir que plus de familles pourraient être orientées vers nos services, par contre, nous souhaitons ardemment que le proche aidant soit plus impliqué dans le plan de traitement.

De plus, le nouveau plan d'action recommande le suivi et l'implication des membres de l'entourage dans le processus clinique. En ce sens, il serait favorable d'alléguer la notion de confidentialité puisque les proches veulent le bien de la personne, ils connaissent généralement déjà la situation et auraient une foule d'informations pertinentes à partager afin d'améliorer les services et les soins rendus. Ils veulent s'impliquer dans le processus de rétablissement, mais la notion de confidentialité présentement en place ne le permet pas.

Dernièrement, il y a eu dans la même semaine, deux hommes en détresse qui ont nécessité des interventions policières. Ces hommes ont des proches qui ont peut-être pu voir le drame venir, mais ne savaient pas comment agir. Comme Me Cantin l'a souligné dans Le Quotidien du mardi 26 juillet 2016, il manque de ressource pour aider ces personnes. Nous croyons que ce sont particulièrement des ressources d'hébergement qu'il manque. On devrait agir de manière préventive afin d'éviter ce genre de drame. C'est dans un travail de collaboration entre les intervenants du CIUSSS, les organismes communautaires et les proches que cela pourrait se faire.

Nous souhaitons ardemment que les changements proposés dans le plan d'action soient mis en place rapidement.

Bertrand Santerre, président du Maillon

Chicoutimi

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