Le déluge de 1996 et la couverture journalistique

Le Déluge du Saguenay en 1996... (Archives Le Quotidien)

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Le Déluge du Saguenay en 1996

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OPINIONS / À titre d'ancien directeur de l'information de la station affiliée à Radio-Canada (CKRS télévision) à l'époque du Déluge de 1996 et étant en première ligne pour la gestion de la couverture de l'une des plus importantes catastrophes naturelles du genre à survenir au Canada, je veux d'abord féliciter l'équipe de la salle des nouvelles de la télévision de Radio-Canada au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour l'émouvante émission diffusée sur RDI et à l'antenne régionale qui m'a fait revivre l'une de mes couvertures de presse les plus dramatiques, mais tout autant excitante sur le plan professionnel.

L'idée de juxtaposer les images bouleversantes des inondations démontrant la gravité des dommages et les cicatrices causées par la folle coulée d'eau, de boues et de débris, avec le résultat des travaux de reconstruction des nombreuses zones touchées par cet événement exceptionnel sur le plan météorologique, était géniale et révélatrice de la force de caractère des habitants de la région qui se sont relevés de cette tragédie.

Je veux saluer aussi le travail de mes collègues de la salle des nouvelles à l'époque et aussi ceux de Radio-Canada, de RDI et du reporter Louis Lemieux, pour leur exceptionnel dévouement lors de ces événements. Comme moi, plusieurs d'entre eux sont sortis de leurs vacances estivales pour revenir d'urgence au travail.

Alors que je commençais mes vacances avec ma conjointe dans la région de Charlevoix, j'ai dû revenir au travail en catastrophe pour la gestion de cette crise. La couverture pour la télévision était complexe puisque nous avions à nous déplacer dans différents secteurs touchés par la brutalité des dommages laissés par dame Nature qui a malheureusement causé le décès de deux enfants ensevelis par un glissement de terrain dans le secteur de La Baie.

Du 19 au 22 juillet, le Saguenay a reçu plus de 250 millimètres de pluies diluviennes, ce qui a été identifié comme une crue exceptionnelle qui survient une fois aux 10 000 ans.

Comme station de télévision affiliée à Radio-Canada, nous avions aussi comme priorité d'alimenter RDI qui vivait à l'époque sa première couverture en direct d'une catastrophe majeure après sa première année d'existence.

Sur le plan anecdotique, nous avons perdu un de nos camions de reportage qui était stationné près du pont dans le secteur Grande-Baie, alors qu'il a dévalé dans la rivière Saguenay à la suite de la rupture d'un pont lors de l'arrivée massive de la coulée d'eau et de ses débris causés par la rupture d'une digue dans la rivière Ha! Ha! , ce qui a isolé les résidents de la petite localité de Ferland-et-Boileau. C'est d'ailleurs à la suite de la transmission dans nos studios des images aériennes tournées par une équipe de Radio-Canada montrant les dommages à Ferland-et-Boileau que j'ai pris conscience de l'importance de cette catastrophe naturelle. Ces images de désolation ressemblaient à des débris d'un bombardement de la guerre de la Bosnie, tellement elles étaient dramatiques et d'une grande tristesse!

Fort heureusement, vingt ans plus tard, la région a tiré les leçons de cette épreuve à tous les niveaux. La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean est maintenant mieux équipée pour affronter l'imprévisible. Cet événement dans l'histoire régionale a cependant laissé des blessures psychologiques pour bon nombre de citoyens et citoyennes qui ont vécu difficilement cette épreuve.

Les images de la petite Maison blanche, qui ont fait le tour de la planète, demeureront à tout jamais dans l'imaginaire collectif le symbole de la résistance de la population régionale.

Michel Desmeules

Directeur de l'Information CKRS télévision de 1986 à 1998

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