Mon déluge du Saguenay! 

Le Déluge du Saguenay en 1996... (Archives Le Quotidien)

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Le Déluge du Saguenay en 1996

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OPINIONS / Le 18 juillet 1996, j'étais avec une amie à La Baie, au Saguenay. Il était autour de 17h30, et nous nous trouvions à l'endroit même où se situaient un dépanneur et une Caisse Desjardins, qui devaient être emportés quelques jours plus tard par la force d'un déluge.

Nous avions fait quelques emplettes avant de partir pour Saint-Siméon, là où je devais prendre le traversier pour Rivière-du-Loup, en direction de Gaspé. Pour sa part, mon amie se dirigea à son chalet de Saint-Fidèle.

C'était le début de nos vacances. Mais avant de quitter La Baie, nous avions regardé le ciel nuageux qui semblait étrange avec des teintes de rouge brumeuses, laissant présager des orages. Nous nous étions dit qu'il serait bien de partir avant la venue du mauvais temps. Les jours suivants confirmèrent nos appréhensions.

De Gaspé où je me trouvais les 20 et 21 juillet, je restai éberlué de voir à la télévision un reportage qui montrait qu'un coin de La Baie avait été emporté par la force du débit des eaux d'une rivière, soit cette partie où je me trouvais avant mon départ le 18 juillet.

Et les images du déluge défilèrent de plus en plus dans les médias.

Des routes étaient inondées, des ponts et des maisons s'effondraient et des enfants périrent emportés par la force du déluge. C'en était trop!

Par esprit de solidarité avec mes semblables Saguenéens, je regrettais d'être parti en vacances et je ne désirais qu'une chose, soit revenir au plus vite dans la région.

Mais on annonça aux nouvelles que les routes étaient temporairement fermées et qu'il était impossible de revenir au Saguenay en automobile. Qu'importe, m'étais-je dit, je reviendrai par canot s'il le faut, pour venir en aide à mes concitoyens et être près d'eux.

Finalement, je devais rejoindre mon amie à Saint-Siméon quelques jours plus tard, pour retourner à La Baie et constater de visu l'étendue des dégâts.

Nous nous sommes dirigés près du secteur de la ville où nous étions avant notre départ du 18 juillet. Il ne restait plus rien. Une sensation de vide et de grande tristesse nous ont envahis tous les deux et nous nous sommes regardés les yeux en larmes.

Par la suite, main dans la main, nous avons marché le long des rives de La Baie où on voyait l'étendue des dégâts. S'y trouvaient des restants de maisons; toits, portes, auvents, etc. On se serait cru dans un après-guerre avec ces scènes de dévastations.

Le lendemain, j'entrepris d'aller parler à des citoyens qui furent particulièrement touchés par le déluge. Je ne fus pas le seul à faire ainsi. Un véritable esprit de solidarité et d'entraide s'installa chez les Saguennéns dignes de ce nom.

Ensemble, on devait rebâtir. Ensemble, on devait panser les plaies, se consoler, se prendre en mains.

Ensemble et unis!

Ce n'est pas pour rien si on dit du Saguenay qu'il est un royaume.

Parce que tous les Saguennéns sont de bons rois et de bonnes reines qui s'aiment, se respectent et cultivent la fierté et l'estime entre eux et qui veillent à la destinée de leur territoire. Le Déluge de 1996 aura été l'occasion de le constater plus que tout.

Yvan Giguère

Saguenay

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