Lettre ouverte à l'archevêque de Québec

Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec.... (Photo Andrew Medichini, AP)

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Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec.

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Le Quotidien

OPINIONS / Monsieur le cardinal,

Les pensionnats autochtones ont laissé de profondes et douloureuses séquelles qui, encore aujourd'hui, font des ravages au sein de la communauté atikamekw d'Opitciwan.

Climat de violence, dépendance aux drogues, alcoolisme et suicides sont des réalités avec lesquelles nous devons composer chaque jour. Patiemment, notre communauté panse ses plaies, notamment par une approche spirituelle qui fait appel à l'individu en tant que personne dotée d'une spiritualité qui ne demande qu'à être redécouverte. Loin d'être incompatible avec la mission de l'Église, notre but est de faire ressortir la Foi afin de retrouver la spiritualité atikamekw et chrétienne.

Ainsi, nous avons tenu un congrès l'an dernier qui a permis à plus de 500 personnes, principalement des membres de la Nation atikamekw, de se ressourcer et de vivre une expérience de renforcement de leur foi catholique. Le succès de cet événement a démontré la pertinence de tenir des rassemblements qui permettent une guérison collective et qui facilitent la réconciliation avec l'Église catholique. À la demande des membres de notre communauté et des participants qui ont trouvé du réconfort dans cette expérience, nous avons décidé de tenir un second congrès charismatique qui aura lieu du 5 au 7 août à Opitciwan.

À notre plus grand étonnement, notre paroisse et notre diocèse mettent en péril la tenue de ce congrès, allant même jusqu'à interdire la présence du Père René Larochelle, un de nos principaux conférenciers. Plutôt que d'accueillir une initiative visant une réconciliation avec la foi catholique, les autorités de l'Église s'y opposent et exacerbent du même coup les tensions et les traumatismes que nous tentons d'apaiser du mieux que nous pouvons.

Votre Éminence, nous sollicitons votre intervention auprès du Diocèse de Chicoutimi, de notre évêque et du curé de notre paroisse pour trouver une solution qui favorise la poursuite de la guérison collective que nous avons entreprise. Nous sommes conscients que cette demande n'est pas orthodoxe. Elle est néanmoins empreinte de respect et témoigne de notre désir d'aller de l'avant et de tourner un jour la page sur l'un des épisodes les plus sombres de notre histoire. Avec votre intervention, ce deuxième congrès charismatique pourrait être une nouvelle occasion de réflexion spirituelle atikamekw et chrétienne, et ce, pour le plus grand bien de notre communauté et de nos membres qui ont un réel besoin de renouveler leur foi en ces temps parfois difficiles et obscurs.

Votre Éminence, nous sommes tous des enfants de Dieu - «Kice Manitou» dans notre langue - et souhaitons simplement nous prendre en main au bénéfice des plus vulnérables de notre communauté. C'est dans le plus grand respect de l'Église que nous vous prions de bien vouloir considérer la présente lettre et que nous sollicitons votre lumière pour que la parole de Dieu puisse être entendue dans notre communauté.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Cardinal, l'expression de mon plus profond respect.

Fabien Awashish

Président du Comité renouveau charismatique Opitciwan

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