Un geste inqualifiable

Hôpital de Chicoutimi... (Archives Le Quotidien)

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Hôpital de Chicoutimi

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OPINION / La semaine dernière, l'hôpital de Chicoutimi coupait quatre postes en santé mentale, dont deux sur le département du D9.

Une amie à moi a vécu une psychose obsessionnelle et je suis allé la visiter quotidiennement durant une semaine. Le travail des infirmières était primordial dans la réhabilitation cognitive de mon amie. En coupant deux infirmières, le patient ne pourra plus compter sur l'écoute de son infirmière. Par conséquent, les agents de sécurité vont devoir faire de l'intervention constante lorsqu'un patient sera déstabilisé, car le patient va se sentir isolé et sans une oreille attentive de son infirmière, il tombera dans une crise aigüe et cela sera terriblement néfaste pour celui-ci. Pour l'avoir vu de mes yeux quand je rendais visite à mon amie, j'ai constaté qu'une infirmière en santé mentale est le bras gauche du psychiatre. Le docteur met des notes dans le dossier du patient et l'infirmière fait de l'intervention cognitive avec son patient en lien avec les annotations du docteur. Le travail des infirmières et du docteur traitant du D9 ont guéri mon amie.

En coupant dans la santé mentale, les patients seront laissés à eux-mêmes sans de l'écoute thérapeutique, car il faut plus qu'une infirmière par quart de travail dans une aile en santé mentale pour aider le patient à guérir. C'est la résultante de mes observations quand mon amie était hospitalisée.

C'est encore une fois le patient qui écope. Le ministère de la Santé veut tellement sauver des sous que pour lui, une personne souffrant de troubles schizo-affectifs n'a pas d'importance. Les travailleurs de la santé suffoquaient déjà par la tâche ardue qu'ils ont en plus des horaires supplémentaires qu'on leur oblige à faire, qui peut conduire à une erreur de posologie d'un médicament.

Quand arrêterons-nous de prendre les infirmières pour des robots? Ces gens-là sont des humains et ont du coeur au ventre, il faut les considérer davantage. Ce ne sont pas des machines.

Une personne l'autre jour me disait qu'à la soupe populaire, les bénévoles doivent jouer au psychiatre avec les bénéficiaires. On a tellement coupé dans la santé mentale au cours des deux dernières années que ceux et celles qui sont atteints cognitivement sont laissés à eux-mêmes, sans encadrement. Il y a des schizophrènes qui errent malheureusement dans nos rues, car ils ne savent pas où aller. Le saccage dans le département de santé mentale de notre hôpital aura des répercussions terribles pour les patients et ceux-ci seront relâchés dans la collectivité sans personne pour les aider. Ce à quoi on peut s'attendre: plus de suicide, plus d'automutilation, et peut-être même des meurtres, car il s'agit de gens non contrôlés médicalement.

Autant les aînés dans les CHSLD que les gens souffrants de troubles obsessionnels compulsifs dans nos hôpitaux, les patients sont négligés parce qu'on priorise l'argent au détriment des valeurs humaines de notre collectivité. Malheureusement, pour se faire entendre, les familles des patients doivent recourir aux médias pour tâcher d'avoir gain de cause et avoir une meilleure qualité de vie.

Maxime Simard, Saguenay

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