Les salles de cinéma sont là pour rester

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OPINIONS / En réponse à la lettre d'opinion de M. Yvan Giguère, publiée le 16 juin dans la section Carrefour du lecteur, j'aimerais, à titre de président de la Corporation des salles de cinéma du Québec, tenter d'apporter certaines précisions. Bien que partagées par plusieurs, certaines des idées énoncées méritent réflexion et ne sont pas toutes le reflet de la réalité.

Il est important de mentionner dans un premier temps que la Corporation des salles de cinéma du Québec (CSCQ) a été créée en 2013 afin de promouvoir l'expérience du cinéma en salles et la diffusion du cinéma québécois. Elle poursuit l'objectif de contribuer aux débats sur l'avenir de l'industrie du cinéma au Québec à l'heure où des changements profonds modifient l'ensemble des moyens de diffusion.

Il est vrai que, de façon tout à fait objective, la performance du cinéma québécois a connu un creux de 2012 à 2014. Cependant, en toute conscience de cette problématique, des initiatives ont été mises en place récemment par de nombreux propriétaires de salles de cinéma partout à travers la province afin de permettre et d'encourager la diffusion de films québécois.

Néanmoins, en regard des admissions en salles, le fait de comparer une année à une autre ne permet pas, à notre avis, de donner un portrait juste de la situation. Par exemple, si nous prenons les 30 dernières années, nous constatons que la décennie de 2005 à 2015 a connu une baisse du nombre d'admissions de 5% par rapport à la décennie précédente, mais une hausse de 14% entre 1985 et 1995. De plus, le Québec fait partie au niveau mondial de ce que nous appelons le marché domestique qui regroupe le Canada et les États-Unis. Lorsque les médias font état du box-office, cela représente le nombre total de revenus en dollars pour un film. Au cours des cinq dernières années, le box-office du marché domestique s'est maintenu entre 10,1 et 11,1 milliards de dollars de revenus. C'est en 2015 que nous avons connu le revenu le plus élevé de l'histoire du cinéma: 11,12 milliards de dollars.

D'autre part, la télévision ne rivalise pas avec le cinéma en matière de technologie 3D, surtout en ce qui a trait aux coûts et à la qualité. En effet, parmi ceux qui souhaitent voir un film en 3D, une majorité optera pour une qualité optimale. Pour ce qui est des films qui sortent au même moment au cinéma qu'à la télévision payante, les résultats du côté de la télévision se sont avérés non concluants. Plus un film connaîtra de succès en salles, plus il sera sollicité sur les autres plateformes. En effet, la sortie en salle demeure un lieu privilégié et une vitrine de choix pour les films.

Malgré l'avènement du cinéma maison, du «streaming» illégal ou de plateformes telles que Netflix ou Illico qui n'existaient pas il y a 10 ans, les données tendent à démontrer que le cinéma demeure la destination privilégiée pour regarder un film. Je demeure convaincu que l'expérience incomparable qu'offrent les salles de cinéma assure l'avenir de la diffusion en salles. Je mets quiconque au défi de nommer une activité d'une durée d'environ deux heures à moins de 12$ (prix régulier) qui donne l'occasion de visionner une production de qualité, dont les budgets atteignent parfois des centaines de millions de dollars. Aller au cinéma, c'est une sortie en soit, une activité sociale offrant au public un divertissement culturel unique!

Marcel Venne

Président des Cinémas RGFM et président de la Corporation

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