Mépris envers les citoyens

Philippe Couillard... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

Agrandir

Philippe Couillard

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Carrefour du lecteur
Le Quotidien

OPINION / Le gouvernement de Philippe Couillard poursuit inexorablement son avancée vers l'exploitation gazière et pétrolière au Québec, en dépit des avis d'experts, de l'opposition des citoyens et du consensus scientifique sur l'urgence de désinvestir les énergies fossiles dans le contexte de la crise climatique. Les mesures mises en place pour réaliser ce tournant vers les combustibles fossiles sont d'autant plus inquiétantes qu'elles sont marquées par la manipulation, le mépris des règles démocratiques et le recul des droits des citoyens.

Dès l'été 2014, le gouvernement préparait le terrain législatif en promulguant discrètement, pendant la période des vacances, son Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP) qui protège le droit des pétrolières et des gazières de pratiquer la fracturation hydraulique au détriment des sources d'eau potable des citoyens, des entreprises et des communautés. Des membres d'un collectif de scientifiques indépendants qui ont étudié le RPEP utilisent des termes tels que laxiste, absurde, farfelu et irréaliste, pour qualifier ses dispositions. Plus de 300 municipalités ont demandé au gouvernement le droit de déroger de ce règlement afin de se doter de règles plus sévères permettant de protéger vraiment leurs sources d'eau potable. Ce droit leur a été refusé.

À l'automne, le gouvernement québécois a organisé des pseudo-consultations publiques sur les Études environnementales stratégiques (ÉES) qui devaient orienter ses politiques en matière d'énergie fossile. Les consultations ont commencé avant que la totalité des études ne soit rendue publique et le processus a été marqué par le préjugé favorable du gouvernement envers les hydrocarbures. Non seulement la transition vers des énergies alternatives ne faisait pas partie des options envisageables, mais l'analyse coûts-bénéfices des projets liés aux hydrocarbures était biaisée en faveur de l'industrie, voire carrément fausse.

Même si la très grande majorité des mémoires déposés par les citoyens et les organisations qui ont participé aux consultations sur les ÉES sont défavorables aux hydrocarbures au Québec, et malgré le rapport des ÉES qui mentionne que le développement de cette filière énergétique est «difficilement conciliable avec les objectifs du Québec en matière de lutte contre les changements climatiques», la nouvelle politique énergétique dévoilée le 7 avril marque un tournant décisif vers l'exploitation, le traitement et le transport pour l'exportation des combustibles fossiles non conventionnels, notamment le gaz de schiste rebaptisé, pour ne pas trop choquer l'opinion publique, gaz naturel liquéfié ou GNL. Le gouvernement va jusqu'à qualifier cet hydrocarbure, qui compte parmi les plus polluants et émetteurs de gaz à effet de serre, d'«énergie de transition».

La politique agressive du gouvernement en faveur du développement des énergies fossiles vire carrément à la violence envers les citoyens avec le nouveau projet de loi 106 sur les hydrocarbures. Rien n'a été épargné dans ce morceau législatif digne du 19e siècle pour avantager l'industrie: autoréglementation, culture du secret, simulacres de normes d'acceptabilité sociale, droit prioritaire d'accès au territoire et droit d'expropriation, droit de poursuivre les propriétaires fonciers en cas d'accident, maintien du RPEP, autorisation de la fracturation hydraulique, floue sémantique, etc. Si la crise climatique n'était pas déjà indéniablement grave, si les énergies renouvelables n'étaient pas si disponibles et abordables, si les combustibles fossiles non conventionnels n'étaient pas décriés internationalement, on pourrait peut-être comprendre le virage du gouvernement vers les hydrocarbures. Ce n'est certes pas la première fois dans l'histoire qu'une population est aux prises avec la folie de ses dirigeants. La politique énergétique du gouvernement de Philippe Couillard et le projet de loi 106 sur les hydrocarbures n'ont plus rien à voir avec la recherche du bien commun ou la raison d'État.

Louise Morand

Comité vigilance hydrocarbures de L'Assomption

Le silence suspect du PQ

Lorsque l'Écosse a voulu se séparer du Royaume-Uni, lorsque la Catalogne a voulu se séparer de l'Espagne, les séparatistes québécois, dont le candidat à la chefferie Alexandre Cloutier, avaient fait le voyage pour célébrer la possible grand-messe de l'indépendance de ces contrées d'Europe. Aujourd'hui, dans un contexte très similaire, je trouve curieux que ce même parti soit absent du débat sur l'indépendance britannique comme ç'a été le cas en Espagne et en Écosse...

Normalement M. Cloutier devrait être derrière l'ancien maire de Londres et appuyer la sortie de la Grande-Bretagne de l'Europe puisqu'il veut faire de même et quitter le Canada. Je trouve très suspect ce silence des souverainistes dans la mesure ou un appui du PQ à Boris Johnson (le Alexandre Cloutier de l'indépendance britannique) devrait déjà être fait et médiatisé.

À ce sujet, il faut se rappeler qu'au Québec, Pauline Marois avait déclaré en 2007 que l'indépendance à la sauce du PQ amènerait des turbulences importantes sur l'économie québécoise (référence aux études LE-Hire sur l'indépendance en 1995, interdites de publication et cachées dans les caves de l'Assemblée nationale pour 25 ans).

Tout ce débat, c'est la même chose en Grande-Bretagne où David Cameron parle d'une baisse de 4300 £ (8047$ en dollars canadiens) pour les familles anglaises. Est-ce que le PQ va formellement prôner l'indépendance de la Grande-Bretagne de l'Europe ou, de façon hypocrite, éviter soigneusement de s'immiscer dans ce débat qui est en fait le même que celui des séparatistes et qui, selon moi, mènerait à une catastrophe économique pour le Québec? À la veille de la fête de la Saint-Jean-Baptiste, la question doit être posée.

Marc Pettersen

Conseiller municipal

Chicoutimi

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer