Attention aux apparences

Le chirurgien venait à peine de terminer d'ouvrir l'abdomen, que face à ce... (Infographie Le Soleil)

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Le Quotidien

Le chirurgien venait à peine de terminer d'ouvrir l'abdomen, que face à ce qu'il a vu, il referma immédiatement et prescrivit une chimiothérapie pour la suite des choses. Pourtant, vu de l'extérieur, le monsieur n'avait pas l'air si magané.

L'optimisme, j'imagine: sourire avenant et belle répartie, bien rasé, bien peigné, propre de sa personne. Comme quoi les apparences sont souvent trompeuses. Cela m'amène à écrire que mardi matin en lisant deux nouvelles dans Le Quotidien, je n'ai pu m'empêcher de faire un amalgame. Il y est écrit que selon le magazine économique MoneySense de Toronto, qui fait un classement des villes canadiennes pour la qualité de vie à partir de critères comme les revenus familiaux, le taux d'emploi, les déplacements actifs, l'accès à la culture, pour n'en nommer que quelques-uns, Saguenay fait figure de cancre.

Saguenay est au 179e rang des 219 villes répertoriées. En perte de vitesse, très très loin derrière Boucherville et Lévis qui se situent dans le top-10. Aussi, cette remarque en page 9 du journal exprimée par le président de la Meublerie de La Baie, un service budgétaire pour les plus démunis, voulant que La Baie ait vraiment été touchée par le ralentissement économique des dernières années.

Alors, je n'ai pu faire autrement que penser à la fermeture de la papeterie baieriveraine au début du siècle qui a entraîné la mise au chômage de six cents travailleurs fort bien rémunérés. Un véritable désastre en matière de retombées économiques.

Je me souviens également qu'à l'époque, le maire Jean Tremblay avait ravivé l'espoir des Baieriverains en déclarant dans les médias qu'il avait une carte maîtresse dans sa manche. Ils l'attendent toujours, à moins qu'il s'agisse de l'ouvrage constitué du village maritime et du quai d'escale pour bateaux de croisière. Mais dans ce cas, on s'entend que la carte en question n'a rien d'un as. Plutôt une belle façade pour cacher une réalité désastreuse.

Blandine Lapointe-Brassard

Jonquière

Où étais-je?

Avant l'ouverture du site actuel de résidus à Arvida en 1989, j'avais 11 ans. J'étais loin de me soucier des enjeux environnementaux, de santé et d'acceptabilité sociale du futur. J'habitais à Jonquière, quartier des peintres, bien loin d'Arvida, du Panoramique ou de Chicoutimi. On ne parlait pas encore de fusion des villes. Je jouais probablement aux Legos ou sur mon Atari 2600.

Avant l'avènement de Google Map en 2005, je peux avancer que je n'étais pas au courant de l'existence de la grosse tache orange entre Jonquière et Chicoutimi. D'ailleurs, à part une minorité de voisins immédiats, de travailleurs et de rares chanceux ayant accès couramment à une vue aérienne de notre belle et grande région, je peux affirmer que je ne suis pas le seul à ne pas avoir eu à me soucier de cette étendue désolante rappelant les images de la planète Mars. Ce que l'on ne sait pas ne fait pas mal, faut-il croire. La grande entreprise, elle, sait très bien cacher ce qu'elle fait de moins beau. Ceux qui habitaient à proximité à l'époque étaient majoritairement des travailleurs d'Alcan dont le bien-être était beaucoup plus relié à leur emploi qu'à la quiétude des lieux. Maintenant, il y a de nombreux nouveaux développements au voisinage, et il est légitime que les inquiétudes aient changé.

Mme Michelle Talbot (réf. Carrefour des lecteurs, 13 juin 2016), vous accusez de mésinformation le Comité de citoyens pour un Vaudreuil durable. Le CVD n'a que posé des questions sur la santé, sur l'environnement et sur l'acceptabilité sociale. Le CVD a aussi demandé, avant que le projet ne soit mis en branle, que les études soient faites par des organismes indépendants non liés contractuellement à Rio Tinto. Rien n'a été fait par les paliers gouvernementaux en date d'aujourd'hui pour assurer une véritable transparence. Nous avons interpellé la chaire Éco-conseil de l'UQAC et des groupes environnementaux régionaux sans la moindre réponse. Ils devront se tremper le gros orteil dans la piscine tôt ou tard, soit pour fournir leur expertise, soit pour répondre de leur mutisme ou pour préciser pourquoi leur niveau de réserve est aussi élevé.

Nous sommes en 2016, le contexte de vie a changé, les technologies ont changé, la population a changé, et les usines tentent encore et toujours de faire les choses comme par le passé et surtout au nom du profit maximum. Certes, elles améliorent un tant soit peu le procédé et essaient de le faire paraître plus intéressant. Il en reste que ce n'est que de l'entreposage habillé différemment. Rio Tinto (RT) fait planer le spectre de l'emploi et nous parle d'un problème qu'il faut régler pour hier. RT nous propose un projet sur un axe de 25 ans (2022 à 2047) avec aucune garantie de quelque sorte que ce soit. Ce projet laissera une cicatrice à tout jamais sur le territoire et privera la population de Saguenay d'un endroit d'une richesse rare en potentiel. Il est normal de questionner le projet, considérant que la population est mieux informée, qu'elle en veut plus pour les sacrifices qu'elle fait à la grande entreprise. Un bon voisinage ne se sculpte pas de manière unilatérale entre résidentiel et industriel.

Je vous prierais, Mme Talbot, de ne pas insinuer de fausses intentions au CVD, car les informations données par celui-ci sont puisées à même les données fournies par RT. Le CVD a comme mission de protéger la zone verte pour son utilisation future. Ses trois principaux objectifs sont d'informer la population et les paliers de gouvernement des impacts du projet, d'amener RT à trouver une solution alternative viable et de demander la tenue d'audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) étant donné l'ampleur du projet. Comprenez ici que le CVD a à coeur les emplois des travailleurs de l'usine Vaudreuil et ne demande qu'à avoir les informations justes. Provenant d'une dame qui siège à la «Table de travail mixte» de Rio Tinto sur le projet, je me serais attendu à mieux de votre part...

Frédéric Gagnon

Résidant de proximité du projet «Vaudreuil au-delà de 2022»

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