Pourquoi dépouiller la région?

Dominique Anglade... (Photo Archives La Presse)

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Dominique Anglade

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Le Quotidien

OPINIONS / Le signataire de cette lettre est Lucien Gendron, ancien directeur général du CQRDA et ancien recteur de l'Université du Québec à Chicoutimi. Elle est adressée à la ministre Dominique Anglade, titulaire de l'Économie, de la Science et de l'Innovation. Elle a également été envoyée au premier ministre Philippe Couillard ainsi qu'à Lise Thériault, vice-première ministre et responsable des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Allègement réglementaire et du Développement économique régional.

Madame la ministre,

C'est avec stupéfaction que j'ai appris, en prenant connaissance du journal Les Affaires édition du 21 mai 2016, qu'avec l'aval du gouvernement du Québec, la grappe industrielle de l'aluminium AluQuébec allait de l'avant avec son projet de créer un centre d'expertise de l'aluminium au Québec, dénommé le CeAl.

Le directeur général d'AluQuébec, en parlant du CeAl, cite que sa mission «sera de renseigner les professionnels sur tous les aspects de l'utilisation de l'aluminium, tant réglementaires que techniques». De plus, la vision qui figure au plan d'affaires du CeAl mentionne «qu'il est la source crédible, connue et reconnue d'information, de formation ainsi que de références techniques auprès de ceux qui désirent faire un usage élargi de l'aluminium». Substantiellement, on reprend les activités déjà offertes par le CQRDA, qui couvrent efficacement l'ensemble du Québec, et on vient ainsi les dédoubler. Veut-on vraiment recréer, à Montréal, une expertise qui est déjà disponible au CQRDA, pour l'ensemble du Québec?

Si on sent le besoin de créer un CeAl, il peut alors être légitime de s'interroger si les activités du CQRDA ont été pertinentes, efficaces et appréciées par les utilisateurs de ses services. Peu d'organismes ont été évalués par le gouvernement, aussi fréquemment que le CQRDA; depuis les 23 dernières années, les cibles ont largement été dépassées. D'ailleurs, plus de 90% des usagers (PME, universités, organismes) du CQRDA, se sont déclarés satisfaits ou très satisfaits des activités offertes par le Centre! Pourquoi alors créer un CeAl, pourquoi ne pas simplement bonifier, si nécessaire, le rôle du CQRDA et l'appuyer davantage? Rappelons simplement que suite à l'invitation reçue du gouvernement du Québec à participer au Sommet économique régional de 2015, le CQRDA a présenté un mémoire qui a mis en lumière tout le travail accompli depuis les 23 dernières années et a confirmé de façon irréfutable le bien-fondé de la mission qu'accomplit le Centre en tant que leader dans le développement de l'industrie de la transformation de l'aluminium par les PME du Québec. Qui plus est, ce mémoire a reçu près d'une centaine de lettres d'appui provenant de PME et universités qui ont bénéficié de l'accompagnement du CQRDA dans la réalisation de leurs projets.

Le CQRDA, par son réseau d'agents de liaison, offre ses services et son support aux PME de tout le Québec; plus de huit cents projets ont ainsi été réalisés depuis sa fondation, à la grandeur de la province. La démonstration est donc faite qu'il est possible de desservir tout le Québec à partir d'une région comme la nôtre. Pourquoi donc vouloir faire marche arrière et créer de nouveaux emplois à Montréal plutôt que de confier à notre région le leadership d'un domaine qui la concerne au plus haut point, et ce, pour l'ensemble du Québec?

Lucien Gendron

Chicoutimi

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