Où étaient-ils avant ?

L'usine Vaudreuil... (Archives Le Quotidien)

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L'usine Vaudreuil

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Le Quotidien

Le comité pour un Vaudreuil durable se réjouit de son succès. En effet, ses membres ont atteint le chiffre mirobolant de mille signatures contre l'implantation d'un site de résidus de bauxite dans le boisé panoramique. La belle affaire !

Forts de ce succès, ils se présentent au conseil de ville en espérant bloquer complètement le projet.

Je trouve navrant de constater l'acharnement de ce groupe qui se prétend avant tout écologique. Là-dessus, j'ai certaines réserves. Je m'explique. Le site actuel de résidus existe depuis longtemps et est rempli à pleine capacité. Il s'est agrandi d'année en année pour en arriver à ne plus suffire. Je me demande où étaient ces gens dans ce temps-là. Nous ne les avons pas entendus protester ni lever la moindre opposition.

Et là, ils se réveillent ! Ils sont partout. Dans les journaux, à la télévision, à la radio pour crier au loup et parler scénario catastrophe.

Voilà les récriminations : les poussières fines pénètrent les poumons et vont causer des cancers, le bruit que feront les camions va nous déranger, et que dire de la poussière qu'ils soulèveront ? Et l'odeur ? Et nos maisons qui perdront de la valeur ?

Ce qu'ils ne veulent surtout pas entendre, c'est que ce n'est pas nouveau tout ça. Il y a des gens qui vivent depuis longtemps autour de ce site et malgré tout, ils survivent sans en faire de drame. La compagnie investit des millions pour atténuer le plus possible ces inconvénients, et ça réussit. Dans un monde idéal, il est certain qu'il n'y aurait pas de pareilles surfaces qui rebutent et qui, soyons honnêtes, font quand même peur. Mais il faut choisir entre le coeur et la raison. D'un côté, un merveilleux boisé où il fait bon se balader en vélo et de l'autre, une usine où travaillent chaque jour des centaines de personnes. J'y pense, un vélo est fait de plusieurs métaux, dont l'aluminium... Il faut vivre sur une autre planète pour ne pas réaliser que tout ce qui nous facilite la vie aujourd'hui est fabriqué en usine et que forcément, une usine produit des résidus ou des déchets. Évidemment, quand on ne les voit pas et que ça ne dérange en rien notre quotidien, on ferme les yeux et on jouit allègrement des produits sans se soucier de leur provenance et des problèmes qu'ils occasionnent ailleurs. Il est certain que c'est tellement mieux quand ce n'est pas dans notre cour !

Nous vivons dans une ère industrielle et, il ne faut pas l'oublier, nous sommes en 2016. Nous ne pouvons prétendre vivre comme en 1800. Nous chérissons notre confort, nos maisons, nos voitures, notre style de vie. Toute cette qualité de vie ne se résume pas seulement à l'environnement. Puisque nous ne voulons pas sacrifier toutes ces commodités, je me dis qu'il faut bien accepter les inconvénients qui viennent avec.

Voilà pourquoi jamais je ne mettrai en danger la survie de l'usine Vaudreuil pour sauver un boisé, aussi magnifique puisse-t-il être. De plus, le futur site devrait occuper à peine le tiers de cet espace. L'autre partie restant disponible encore pour les loisirs.

S'il y avait une pétition pour la sauvegarde de l'usine, je pense que les choses prendraient une autre perspective. Pourquoi ne pas l'entreprendre ?

S'oublier pour le bien commun ne semble plus faire partie de nos valeurs. C'est bien dommage !

Michelle Talbot

Arvida

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