Ma pauvre petite région, c'est à ton tour...

L'immeuble où logeait la CRÉ, le RAJ et... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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L'immeuble où logeait la CRÉ, le RAJ et la Stratégie Migraction.

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OPINIONS / Il y a un an, presque jour pour jour, je quittais (malgré moi) un emploi stimulant dans le domaine des communications.

Pas dans n'importe quel milieu, je travaillais au Forum jeunesse de ma région. Pour y avoir oeuvré pendant environ cinq ans, je peux dire que j'en ai vu passer des dossiers. Activités de participation citoyenne, insertion professionnelle des jeunes dans leur milieu de travail, fonds régional d'investissement jeunesse, MigrAction, Ici c'est possible. Bref, toutes sortes d'initiatives, de projets, de campagnes, d'ententes régionales qui permettaient beaucoup de choses aux jeunes de la région: vivre une expérience d'implication, réaliser un projet d'envergure, s'établir dans la région, vivre une expérience unique au sein d'un C.A. extraordinaire, et j'en passe.

Bref, nul besoin de vous rappeler que ces forums n'existent plus maintenant. Tout comme plusieurs autres instances de concertation régionale qui avaient leur raison d'être. Mon deuil, il n'est pas tout à fait terminé, mais ça s'en vient.

Maintenant que ces structures ne sont plus, et que pratiquement tous les domaines ont subi des coupes, la région a vécu une année assez particulière. Dernièrement, j'ai entendu une ancienne partenaire dire: «Nous sommes dans un tournant». Aussi bien dire un rond-point, parce qu'un tournant habituellement, on en sort assez rapidement. La réalité dans plusieurs organisations, c'est que ça tourne en rond. Trop de choses à réorganiser, trop rapidement, sans trop d'informations, sinon seulement à la dernière minute. Parce que ce qui est important, c'est ce qui sort dans les médias, et la manière dont ça sort. Ce n'est pas tellement la réalité des employés et des gestionnaires, mais bien le paraître. Parce que les votes, c'est comme ça qu'on va les chercher. Avec les annonces, les sous investis. Mais, quand je parle avec les gens du milieu, même ceux qui reçoivent des beaux cadeaux, des belles annonces, le portrait est pourtant moins reluisant qu'on veut le laisser croire. Des conditions, des bémols, des «si». Je compatis. Misère!

En cette fête de la région, je nous souhaite d'aller mieux. Je nous souhaite de nous informer auprès des gens qui vivent des réalités plus difficiles qu'on le pense. Je pense à nos enseignants, nos professionnels de la santé, tous les partenaires avec qui j'ai eu la chance de travailler qui ne savent jamais pour combien de semaines ils en ont à travailler.

Mais le portrait n'est pas complètement noir, c'est certain. Et ça, c'est à cause de la résilience des gens, de leur débrouillardise, de leur optimisme, de leur coeur. En fait, finalement, malgré tout ce que la région a vécu dans les dernières années, je suis fière de nous. Immensément fière. Parce que ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts comme on dit. Je suis fière de notre force. Que la Force soit avec vous.

Pour la fête de notre région, je nous souhaite de continuer d'être aussi beaux, résilients, débrouillards et optimistes. Sans retenue. De continuer à tirer le maximum de ce qui nous arrive et de voir le positif de tout cela. Même s'il est parfois dur à trouver. Je nous souhaite moins de critiques, moins de négatif et moins d'attaques personnelles (surtout sur les réseaux sociaux, réveillez-vous la gang, les chialeux du Web, on veut rien savoir d'eux). Pour ma part, ma perte d'emploi a été l'opportunité de réaliser un rêve. Merci, M. Couillard, même si vous n'avez pas mon vote, je vous en dois quand même une.

Bonne fête ma région!

Marie-Noëlle Potvin, Saguenay

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