La mode aux «bagosses»

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Le Quotidien

OPINIONS / Au début des années cinquante et avant, le jeans était davantage porté par les cultivateurs que les gens de la ville appelaient péjorativement des «habitants». Pourtant, ces gens habitaient leur territoire comme des seigneurs de la terre, conscients d'être les fournisseurs des aliments pour nourrir toute la collectivité.

Certaines personnes appelaient ce type de vêtement jeans «d'overall», et même des «bagosses». Les plus pauvres de la ville n'osaient porter de tels vêtements pour ne pas passer pour des arriérés ou des incultes.

À l'autre bout du monde, au même moment, les Chinois, eux, n'avaient pas le choix de porter des vêtements jeans, car Mao Tse Tung imposait à tous les habitants de la Chine de s'habiller de la sorte. Uniformité oblige.

Le gouvernement de la Chine décrétait la fabrication pour cinq ans d'avance et la quantité de toile pour la couture de vêtements à la mode unique. Tous les Chinois obéissaient sans mot dire. C'était la soumission au vénérable empereur devenu un dieu.

Par contre, au moment où il y a eu une certaine ouverture en Chine et que les Chinois fabriquaient à la chaîne des vêtements pour l'étranger et que ceux-ci ont commencé à les adopter et à les porter, ce sont les Européens et surtout les Américains qui se sont laissé imposer la mode jeans avec plus de ferveur que les Chinois. Il fallait imiter les stars et leurs musiciens.

Loin de décliner depuis quarante ans, le jeans est devenu le vêtement mode chic, bon genre. C'est à qui aura le jeans le plus original, délavé, avec des trous, des patchs... Le coût de ces jeans dépasse souvent celui des vêtements très élégants avec des tissus de qualité.

Il est difficile de comprendre qu'un vêtement qui au départ était taxé de préjugés soit devenu un vêtement presque consacré. Le fameux jeans est porté en toutes saisons, en toutes circonstances, malgré sa coupe étroite, sa rudesse et sa froideur en hiver. La plupart des vedettes de télévision se font un devoir d'être interviewé avec le jeans et les espadrilles à cinq dollars. Quand ils ne sont pas assis effoirés, ils ne cessent de gesticuler. Est-ce en raison de l'inconfort des jeans trop étroits?

L'habit ne fait pas le moine, mais parfois, le moine fait le moineau en voulant s'uniformiser aux dépens de sa libre personnalité et son originalité.

Martin Belley, Saint-Nazaire

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