Pourquoi l'Église catholique ?

La cathédrale de Chicoutimi... (Archives Le Quotidien, Marianne L. St-Gelais))

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La cathédrale de Chicoutimi

Archives Le Quotidien, Marianne L. St-Gelais)

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Le Quotidien

Monsieur Gérard Bouchard,

Loin de moi l'idée de me poser en fervent pratiquant ni même en croyant, moi dont la foi ne dépasse guère les quatre premiers mots du Credo. Il n'empêche que votre chronique du 4 juin m'a interpellé.

Parmi les religions que je connais, en dépit de tout ce qu'elles peuvent déclarer ou prescrire, je n'en connais aucune qui aime l'amour. Toutes, elles n'ont rien de plus pressé que de renifler les fonds de culotte, tout à coup que... Elles sont tout aussi empressées d'édicter des règles sévères pour encadrer la gestion desdits sous-vêtements et de leur contenu. Il y a bien le mal nécessaire, celui qui nous perpétue, mais il doit s'exercer dans la plus grande monotonie et en refusant le plaisir, si bien que le moindre soupçon d'hédonisme est vigoureusement dénoncé et souvent réprimé.

Bien entendu, les femmes sont les premières visées, sinon les seules, elles qui se rendent coupables des désirs des hommes. Si vous vous souvenez de vos cours d'apologétique, vous vous rappelez sûrement comment on s'évertuait à nous démontrer que Marie avait enfanté tout en restant vierge, autant après qu'avant. Était-ce là une condition sine qua non à ce qu'elle nous serve de modèle ? 

Je ne veux même pas aborder ici les mutilations génitales ; ça me mènerait trop loin. Mais les religions n'aiment pas plus les femmes que l'amour, de façon générale. En tout cas, ça ne leur est pas naturel.

Là où votre texte d'opinion m'accroche, c'est lorsque vous vous en prenez avec tant de véhémence à l'Église catholique, elle qui se contente pourtant d'exclure de ses lieux de culte, lors d'une manifestation en faveur de l'amour, ceux dont les pratiques dévient de ses règles. Pendant ce temps, certaines doctrines bien plus poussiéreuses encore prônent leur lapidation, leur mise à mort de toutes sortes de manières, leur castration ou que sais-je, encore. Les plus modérées les mettent au ban de la communauté et refusent de leur adresser la parole. Bien des groupes ethniques ne s'élèvent pas très fort contre les crimes d'honneur. Assurément, vous en savez plus long que moi sur le sujet. Certaines religions, aussi, imposent leur foi et leurs superstitions à coups de fusil ; même à l'époque contemporaine, on en a des exemples tous les jours sous les yeux.

Il n'y a pas si longtemps, je vous ai vu, pour une vétille isolée, vous précipiter avec fougue à la défense des musulmans de notre communauté, alors que l'islam est pas mal plus cruel envers les dérogations de toute nature à leur supposée bonne morale. Tant qu'à me lancer dans une entreprise de dé-conversion et à vouloir instrumenter la désertion des lieux de culte, je commencerais par là, si j'étais vous. 

Il est vrai qu'il est beaucoup moins dangereux de s'attaquer à la religion catholique. Le pape, lui, n'a jamais émis quelque diktat qui puisse être assimilé à une fatwa. Mais je n'oserais croire que la peur vous retient quelquefois d'intervenir ou qu'elle vous inspire des plaidoiries non sincères.

Clément Martel

Chicoutimi

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