Une incohérence qui pénalise les femmes

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Le Quotidien

Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) dénonce l'incohérence du traitement salarial de ses quelque 700 professionnels de l'enseignement supérieur.

Cette incohérence, qui pénalise spécialement les femmes - majoritaires au sein de ce groupe -, s'accentuera avec la nouvelle structure salariale du gouvernement pour les augmentations prévues en 2019.

Le SPGQ observe que, de 1997 à aujourd'hui - et plus encore dès 2019, la situation évolue positivement pour les catégories d'emplois-cadre et enseignante, à majorité masculine ou mixte. Cependant, la donne s'inverse pour la catégorie d'emplois professionnelle, où le nombre de femmes est devenu égal au nombre d'hommes en 2000 et constitue aujourd'hui les trois quarts de l'effectif.

« En effet, l'écart du traitement entre professionnels et cadres est passé à 36 % en 2014 (il était de 19 % en 1997) en faveur des cadres, pour atteindre près de 27 000 $. L'accentuation de cet écart signifie que les emplois de cadres (à prédominance masculine) ont enregistré une progression du traitement, tandis que les emplois professionnels (à majorité féminine) ont connu deux fois moins de croissance du traitement. C'est inacceptable et cela doit être corrigé rapidement, au risque de voir des professionnelles quitter l'enseignement supérieur vers d'autres ordres de gouvernement ou vers le privé », s'indigne Richard Perron, président du SPGQ.

Selon le SPGQ, cette discrimination systémique s'observe également par rapport aux emplois d'enseignants, catégorie d'emplois mixte. Historiquement, l'écart de salaire entre les enseignants et les professionnels favorisait ces derniers. En 1997, les professionnels gagnaient 16 % (9600 $) de plus que les enseignants. En 2019, la rémunération des enseignants dépassera celle des professionnels de 5 % (plus de 4000 $). Cela se traduit donc par une baisse relative de 21 % pour le traitement du personnel professionnel.

D'une part, l'inégalité dans le traitement du personnel professionnel des cégeps est flagrante et, d'autre part, elle coïncide avec le moment où la profession est devenue à majorité féminine et s'est aggravée depuis.

« Une des conséquences de cette situation est qu'il deviendra de plus en plus difficile d'attirer et de retenir des candidates et candidats dans les corps d'emploi professionnels dans les cégeps. Or, le premier ministre a reconnu que l'éducation, c'est notre avenir, notre projet de société. L'instruction publique a signifié l'accession du Québec à la modernité ; de même, l'enseignement supérieur constitue la clé du succès des sociétés à l'ère de la mondialisation », indique Richard Perron.

Confronté au traitement inégal de la catégorie d'emploi professionnelle des cégeps, le SPGQ demande à la ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Mme Hélène David, d'intervenir dans le cadre de la négociation en cours en vue du renouvellement de la convention collective, et ce, afin de faire cesser cette discrimination fondée sur le sexe. De plus, le SPGQ interpelle le gouvernement afin que sa structure de rémunération soit cohérente et équitable.

Le SPGQ représente près de 700 professionnels de l'enseignement supérieur, répartis dans seize collèges ou cégeps à travers le Québec : Abitibi-Témiscamingue, Alma, André-Laurendeau, Bois-de-Boulogne, Chicoutimi, Gaspésie et Îles, Jonquière, Lanaudière, Lévis-Lauzon, Montmorency, Thetford, Rosemont/Cégep à distance, Sainte-Foy, Saint-Hyacinthe, Saint-Laurent et Trois-Rivières.

Philippe Desjardins 

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