Le «cash-flow» avant tout

Le Manoir du Saguenay de Rio Tinto Alcan.... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Le Manoir du Saguenay de Rio Tinto Alcan.

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Le Quotidien

OPINIONS / Le rorqual commun qui sillonne majestueusement les eaux de l'estuaire du Saint-Laurent a sans doute besoin de la contribution des nombreuses espèces de poissons et d'oiseaux qui l'accompagnent et s'y nourrissent.

Un bel exemple de symbiose entre l'énorme et le petit, sans laquelle les deux parties auraient de la difficulté à répondre chacune aux exigences homéostatiques de sa constitution. Une analogie appropriée pour décrire la symbiose censée exister entre la grosse multinationale, Rio Tinto, et ses nombreux partenaires économiques que sont les PME qui fournissent la compagnie en biens et services. Seulement, la décision mûrie... de la multinationale de doubler ses délais de paiement aux fournisseurs pour améliorer son «cash-flow» est l'exemple patent de ce bris symbiotique. Advenant la faillite d'un certain nombre de ses fournisseurs parce que son «cash-flow» est épuisé, RTA se retrouverait dans l'incapacité d'opérer ses usines, entraînant les vilaines conséquences que l'on sait. Le gros a aussi besoin du petit comme le dit l'adage.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, comme ailleurs dans le monde, la révolte des fournisseurs ne s'est pas fait attendre quand RTA a annoncé qu'elle ferait passer de 60 à 120 jours le délai de paiement de ses factures. La moindre des choses, puisque le règlement des factures de la multinationale à ses fournisseurs dans des délais raisonnables est une question de vie ou de mort pour plusieurs d'entre eux. D'autant plus que la grisaille économique mondiale ne semble pas prête à s'estomper, privant d'air les PME régionales. Heureusement, le tollé provoqué par les PME appuyées des acteurs économiques de la région et de la population en général a permis de faire reculer la multinationale. Mais, pour combien de temps?

Ailleurs, dans le monde, prenons l'Australie, dernièrement, un journal nommé The West Australian a révélé que Rio Tinto a tenté le même stratagème pour hausser son «cash-flow». Et tant pis pour ceux qui doivent impérativement compter sur le paiement, dans des délais impartis, des factures de la compagnie pour payer les leurs. Pour cause, les fournisseurs australiens qui gravitent autour de Rio Tinto ont, comme ici, vite fait de réagir; eux dont le délai de paiement aurait pu passer de 45 à 90 jours. Moins pire qu'ici, direz-vous, mais tout de même. La multinationale s'est ravisée, oui, mais a averti les fournisseurs que sa volte-face ne tenait que pour les contrats déjà effectués. Qu'elle se gardait la possibilité de reporter ses délais de paiement pour les contrats à venir! À leur tour, les autorités gouvernementales ont réagi en dénonçant cette pratique qu'elles ont qualifiée d'indigne et d'outrageuse. Du même souffle, le gouvernement a fait savoir qu'il envisageait de faire enquête sur l'étendue de cette pratique mesquine et abusive. La multinationale BHP Billiton serait, elle aussi, dans le collimateur des autorités compétentes.

Nous contenter de manger davantage d'ivraie parce que le cheval manque d'avoine. Est-ce le message du palefrenier Étienne Jacques quand il nous demande de partager les problèmes de «cash-flow» de RTA?

Marcel Lapointe, Jonquière

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