Non aux engins de mort

Le député de Chicoutimi-Le-Fjord, Denis Lemieux... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Le député de Chicoutimi-Le-Fjord, Denis Lemieux

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Le Quotidien

J'étais heureux de voir le député de Chicoutimi-Le Fjord à la Chambre des Communes, Denis Lemieux, sortir de son mutisme pour parler des enjeux de notre communauté, et ouvrir la porte à des débats dont nous ne pouvons faire l'économie. C'est que je crois que ce rôle de député passe aussi par ce travail d'animation sociale; celui de rendre accessibles des débats et des idées, et de faciliter la participation démocratique des citoyen (ne) s. Donc, Denis Lemieux propose aux citoyen (ne) s de la région de prendre la parole pour exprimer leurs opinions sur l'avenir de notre défense nationale, et plus particulièrement sur l'avenir de la Base de Bagotville. Il n'en fallait pas plus pour que je saute sur mon clavier ce matin pour écrire la présente.

Mais là s'arrête mon enthousiasme pour la sortie de mon député fédéral. M. Lemieux propose que la région se mobilise pour que Bagotville soit mandatée pour recevoir et entretenir les drones à usage militaire, idée avec laquelle je ne saurais être d'accord. Ces drones militaires, dans les faits, sont des engins de mort. Des machines à tuer de la forme la plus hypocrite qui soit, puisqu'elle ne met en péril que celles et ceux qui se retrouvent en dessous. Grâce à ces drones, on peut maintenant tuer, bombarder en toute sécurité, au bout d'un joystick, à des milliers de kilomètres des carnages. Et cela ne s'arrête pas là: la prochaine étape consiste à en faire des robots autonomes, capables de voler en continu, et même de prendre des décisions sans l'intervention humaine... Est-ce tout ce que nous pouvons imaginer pour assurer l'avenir de nos emplois et de notre base militaire? Moi, je dis non.

Je suis d'accord avec Justin Trudeau quand il affirme que le Canada doit reprendre sa place dans le concert des nations. Et je suis d'avis que cette place n'est pas celle de suivre des nations impérialistes et belliqueuses dans leurs guerres assassines, comme l'a fait Stephen Harper depuis son entrée au pouvoir il y a 10 ans. L'exemple de l'Afghanistan est frappant: 159 soldats canadiens morts au combat, des milliers de civils blessés, tués, déplacés. Et pourquoi? La région est toujours la même poudrière depuis les interventions unilatérales des États-Unis en Irak en 2003. Cette politique de violences est un échec global. Seuls les marchands d'armes et les terroristes en ont bénéficié.

La révision du rôle des Forces armées canadienne doit nous mener à reprendre la place que le monde nous reconnait depuis 1956, celle de leader du maintien de la paix par l'intervention multilatérale des Nations Unies et de leurs Casques bleus. Ce rôle, doublé de celui d'assurer la protection des populations en cas de catastrophes, doit redevenir celui de notre armée.

Et pour que Bagotville puisse poursuivre son rôle important dans cette stratégie militaire canadienne, pourquoi ne pas plutôt proposer qu'elle devienne un centre de formation international pour les métiers de la paix? L'idée du pairage avec notre université régionale prendrait tout son sens, car l'UQAC propose déjà des formations en coopération internationale, en médecine et en travail social, des disciplines clés de ces métiers de maintien de la paix. De plus, cela permettrait de faire rayonner l'hospitalité et la chaleur humaine qu'on reconnait aux gens de la région. Beaucoup plus que ne le feraient de froides machines volantes de mort.

Éric Dubois, La Baie

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