Deux poids, deux mesures

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Le Quotidien

Des citoyens du rang St-Roch ont gagné leur bataille contre le projet de carrière de pierres à proximité de leur résidence grâce, semble-t-il, à une pétition d'une centaine de noms et à des arguments, acceptés aisément par nos élus, quant aux impacts de ce projet sur l'environnement et sur la qualité de vie de ces citoyens.

Je me réjouis pour eux, mais je suis outrée par l'attitude contradictoire de nos élus. Deux poids, deux mesures, si on compare cette décision, favorable aux citoyens, avec celle concernant le boisé Le Panoramique que nos élus ont sacrifié en acceptant la demande de Rio Tinto de récupérer cet espace vert pour l'aménagement de son futur site de résidus de bauxite. Et cela s'est fait sans engagement et sans compromis quant à la préservation d'une zone tampon.

Pensez-y-bien: cet écosystème de 9 km carrés va disparaître à tout jamais de notre paysage urbain grâce à nos décideurs. Nous avons ici le parfait exemple d'incohérence dans les décisions de nos élus. Le poids de l'industrie a pesé lourdement dans la balance de l'injustice faite à des milliers de citoyens qui seront touchés directement par le projet d'agrandissement de Rio Tinto. Les arguments de nos élus dans ce dossier, on les connait: «pas question de sacrifier des emplois». La vertu est grande, et l'on ne peut pas être contre la vertu. Mais là où le bât blesse, c'est que nos élus ont fait preuve d'aveuglement volontaire en refusant de poser des questions et d'imposer des conditions à RT dans le cadre du projet de dézonage du boisé Le Panoramique.

Oui, je me réjouis pour ces citoyens qui ont gagné leur cause avec une pétition d'à peine 100 noms et des arguments qui n'ont pourtant pas le poids d'un mémoire bien documenté que notre Comité de citoyens pour un Vaudreuil durable (CVD) a déposé auprès des élus. Notre pétition cumule 800 signatures et plus de 100 commentaires contre le projet de RT. Quelle injustice! Cette multinationale investit dans ses infrastructures et ses actifs en coupant de plus en plus dans les emplois et les sous-traitants, mais utilise à tort l'argument de la fermeture de l'usine pour faire chanter nos élus et faire peur aux citoyens. Quand nos élus vont-ils se tenir debout et adopter une ligne de conduite cohérente et favorable à tous les citoyens sans exception?

Actuellement, le CVD tente de préserver une forêt qui sépare les résidences du complexe Jonquière. Et dans ce combat, que nous menons à bout de bras, il est midi moins une minute... Rio Tinto va prendre ce qui lui appartient sans égard à la population et à la zone tampon de 500 mètres de verdure que nous revendiquons avec peine. Cela est sans compter les aménagements qui seront faits dans cette zone dorénavant industrielle: entrepôt, camions, voie de circulation et quoi encore, rien n'est moins clair pour l'instant. Que va-t-il rester de cet espace vert, si ce n'est qu'un immense chantier de construction et deux montagnes de poussière de bauxite pour les années à venir? Des consultations publiques auront lieu bientôt. RT va présenter les résultats des études d'impacts de son projet d'agrandissement. Notre devoir de citoyens est d'aller poser les questions que nos élus n'ont jamais osé poser.

Hélène Martel, représentante du secteur Arvida et membre du CVD

D'accord avec vous

En référence à l'opinion de M. Richard Banford, publiée le 16 mai.

Vous utilisez les bons mots pour décrire l'ingratitude de la justice populaire commandée par les opportunistes politiques et les lecteurs de parchemin moderne, qui se rendent toujours dans la stratosphère des critiques et des accusations faciles avant même que l'intimé ait le temps de donner sa version.

Quand on crucifie quelqu'un sur la place publique plus qu'un meurtrier, la vie exemplaire de la personne visée pourtant toujours là n'a plus d'égard, on ne met plus rien en perspective et on va toujours dans une forme de violence, il y a là un gros problème d'excès collectif cumulatif. On n'attend pas de voir les preuves, l'imagination des individus combinée à l'effet d'entraînement de la masse et des pourfendeurs mettant à leurs profits les bras de levier médiatiques pour leurs fins politiques voient l'occasion de se faire valoir et s'en donnent à coeur joie. Ils ne démontrent seulement que ce n'est que la seule chose qu'ils sont capables de faire: accuser, critiquer, donner la leçon par du monde qui n'ont pas de responsabilités ni d'imputabilités, alors ils se permettent de dire ce qu'ils veulent.

Si on attendait d'en savoir plus avant de partir en grande, surtout du côté des activistes qui prennent toute la place pour donner l'impression qu'il s'agit de la majorité qui s'exprime, ça serait plus mature comme attitude, car, si la tendance se maintient, ça ne sera plus gérable, car même le bon monde ne se sentent plus valorisés, mais surveillés comme une police de dictature où le moindre mot de travers signifie la peine de mort. Il sera ainsi de plus en plus difficile d'avoir des personnes de qualité en politique et en bénévolat en raison de cette tendance.

Pierre Charbonneau, Jonquière

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