Les maires ont raison de demander un meilleur rapport de force

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Martine Hébert, vice-présidente principale basée au Québec

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Le Quotidien

OPINIONS / Au cours des derniers jours, les assises de l'Union des municipalités du Québec ont remis sur la sellette la question des rapports de négociation entre les municipalités et leurs employés syndiqués.

L'économiste principal à la FCEI, Simon Gaudreault. ... (Fournie par la FCEI) - image 1.0

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L'économiste principal à la FCEI, Simon Gaudreault. 

Fournie par la FCEI

Or, il importe de revenir sur certaines des raisons qui militent en faveur d'un rééquilibrage de ces rapports, comme le réclament plusieurs élus municipaux.

Rappelons d'abord, et c'est là un fait bien connu, que les employés municipaux au Québec jouissent de conditions de travail très généreuses. Les données du dernier recensement sont claires: pour le même type de poste, la rémunération des employés municipaux est, en moyenne, 23% plus élevée que celle de leurs homologues du secteur privé québécois, une fois que les différents avantages comme le salaire, le régime de retraite et la durée du travail sont pris en compte.

Cette situation n'est pas apparue du jour au lendemain et elle reflète sans doute, au moins en partie, un certain déséquilibre dans le rapport de force à la table des négociations. En effet, l'interdiction pour les villes de décréter un lock-out, l'absence de possible recours à une loi spéciale ou encore le caractère essentiel de certains services sont des facteurs contribuant à donner un avantage aux syndicats municipaux lorsqu'ils se présentent à la table de négociations. Ainsi, dans plusieurs cas, il se peut que l'on ait accordé aux syndiqués municipaux «juste un peu plus» que ce qui aurait été raisonnable compte tenu de la capacité de payer des contribuables, et ce, afin d'acheter la paix ou de parvenir à une entente. Le processus de sédimentation a ensuite fait son oeuvre, et les dépassements de coûts en matière de rémunération se sont transformés en importantes hausses de taxes.

Quand on sait que la rémunération représente la majeure partie des dépenses de fonctionnement des villes (jusqu'à 60% dans certains cas), il devient évident que la situation est insoutenable à long terme, la capacité de payer des citoyens étant limitée. Et lorsqu'il est question de taxes municipales, il faut rappeler que les PME écopent de factures salées, celles-ci étant taxées en moyenne à des taux représentant plus de deux fois celui des contribuables résidentiels.

Ainsi, en donnant plus de pouvoirs aux maires, le gouvernement leur donnerait les outils nécessaires pour faire leur travail, soit maintenir le juste équilibre entre des conditions de travail justes et raisonnables pour les employés municipaux et la capacité de payer des contribuables et des entreprises.

Martine Hébert et Simon Gaudreault, vice-présidente principale et économiste principal à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).

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