Une Réserve

L'expansion du site de disposition des résidus de... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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L'expansion du site de disposition des résidus de bauxite de l'Usine Vaudreuil suscite la crainte de certains citoyens.

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Le Quotidien

J'habite Chicoutimi, sur la Côte Réserve. Le nom Réserve, à part ce quartier, désigne l'endroit où vivent nos autochtones, appelés longtemps les sauvages.

Sauvages dans le sens d'êtres libres, indépendants, vivant par leurs propres moyens, selon leurs coutumes et croyances.

On en a fait des êtres dépendants, ignorants selon nos critères; je n'ai rien à apprendre à personne là-dessus. On s'est emparé de leurs territoires, on les a refoulés dans des espaces perdus, isolés.

Nous avions la science, la civilisation, nous avions l'argent, toutes ces choses qui font qu'on peut tasser n'importe qui selon les critères qu'on s'est établis.

Je me sens comme les sauvages dans le dossier du lac de boue du citoyen Rio Tinto. Tu n'as pas de pouvoir. Le pouvoir de 1000 emplois (utopie! À quand remonte l'époque des 1000 emplois aux salaires exorbitants dans cette usine en déclin?) passe avant ta qualité de vie, l'air que tu respires, les bruits continus, ton quartier complet et ses 6200 habitations, dévalorisés par cette balafre en plein visage de la ville. Tu n'as qu'à te la fermer. Tu es un sauvage de la Côte Réserve.

Ce citoyen, Rio Tinto, a l'argent pour payer grassement - et ils le méritent - le salaire de 1000 présumés futurs syndiqués, et a un trou dans son budget pour ses déchets de bauxite... Où est l'erreur?

Notre conseil de ville se réunit, lieu et heure inconnus des citoyens, pour approuver à l'unanimité le lac de boue. Ce qui s'appelle ne pas se mouiller. Même notre conseiller, dont je tais volontairement le nom, qui va pouvoir prendre son café chaque matin, s'il le veut, «les pieds pendants» directs dans les résidus de bauxite, ne s'est pas opposé à cela...

Si j'étais un caribou forestier, ou une épinette noire, en haut du 50e parallèle, Greenpeace et Steven Guilbault courraient à ma défense, dans les médias, grimpés sur des échelles. Si j'étais installée autour d'un petit lac, sur un terrain boisé privé, et que je coupais, pour faire un chemin, 3 à 5 arbres le long de ce petit lac, un employé du ministère de l'Environnement me donnerait une contravention.

Je ne suis pas une citoyenne. Je suis une «sauvage» qui n'a rien à dire. J'habite une Réserve.

J'arrête ici et je termine en écrivant: à suivre.

Pauline Germain, Chicoutimi

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