Parlons déchets et bauxite

Le site d'entreposage des résidus de bauxite de... (Archives Le Quotidien)

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Le site d'entreposage des résidus de bauxite de l'usine d'alumine Vaudreuil.

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OPINION / Deux principaux sujets ont marqué la dernière séance du conseil de ville de Saguenay. Le premier concerne le nouveau dépotoir de déchets domestiques à Saint-Bruno, et dont un résidant est venu nous discourir une quinzaine de minutes. Même s'il n'était pas un citoyen de Saguenay, il a eu tout de même droit à plus de la moitié du temps alloué à la période de questions, sûrement à la grande satisfaction de notre maire qui, tous le savent, n'aime pas du tout cette démarche essentielle à la démocratie municipale.

Ainsi, cet interlocuteur n'appréciait pas que, dans le futur, notre ville aille enfouir nos déchets dans son coin. Avec raison, considérant que nous mêmes, comme citoyens, n'avons pas eu l'occasion d'en discuter, la décision «historique» comme disait notre maire, ayant été prise par le conseil (exécutif, je présume). Saguenay devrait en tirer certains bénéfices, mais lesquels? J'aimerais beaucoup qu'on m'explique comment un camion rempli de déchets, et qui devra parcourir 40 kilomètres de plus pour se rendre au site, peut générer un profit? Une heure aller-retour pour 80 km, à consommer du diesel, à payer les éboueurs, à acheter, entretenir les camions, à briser nos routes, etc. Et tout cela payé par les contribuables parmi les plus taxés au Québec, le MAMROT dit 8e sur 10 villes de 100 000 habitants et plus.

Pendant ce temps, une grosse multinationale faisant des milliards en profit, veut que son site de déchets soit tout près de son usine, et en plein coeur de notre ville et du plus beau site de sentiers de vélo de la région! Et encore une fois, nos dirigeants s'empressent d'ouvrir toute grande la porte à ce bel espace, sans discussion franche, donnant plutôt l'impression de tout concéder prétextant que c'est le meilleur emplacement et que 1000 emplois sont en jeu. Je suis d'accord sur le risque pour les emplois, mais est-ce vraiment le meilleur endroit pour un tel dépotoir?

N'oublions pas ceci:

- Le quartier le plus à risque sera celui des rues Murray et Phillips de la Côte Réserve, situé à 300 m (pas 500) du futur site.

- Contrairement aux rues près du site actuel (Mathias et Hébert) qui sont situées dans le bon sens des vents, le quartier de la Côte Réserve est en droite ligne avec les vents dominants «nord-ouest».

- Pourquoi vouloir faire ce site si près de ce secteur, alors que de l'autre côté il n'y a pour ainsi dire, aucun obstacle? Saint-Jean-Eudes, déjà à l'écart des vents dominants, sera à plus de 1000 m du futur site. Le cas échéant, pourquoi alors ne pas décaler vers l'ouest le projet et ainsi diminuer ce risque, et protéger les sentiers panoramique?

En conclusion, qu'a-t-on considéré pour vouloir implanter cette horreur à l'endroit choisi? Est-ce pour sauver 1$ ou 100$ la tonne de résidus transportés? Quelles précautions a-t-on prévues si jamais le site est définitivement retenu? On m'a dit que RTA ajoutait de la ripe de bois sur son tas actuel pour éviter la poussière, bien que ce risque serait grandement diminué dû au fait que ce n'est plus de la boue, mais de la «terre» compactée. Ce site sera-t-il clôturé? Pourrait-on nous fournir un schéma montrant la progression du site au fil des ans?

Malgré mes nombreuses questions, n'en demeure que je ne suis pas contre le projet, mais que je souhaite être rassuré sur les conséquences, surtout que je demeure dans le secteur touché, rue Marguerite-Bourgeoys. C'est sans doute la même logique qui anime Mme Lana Pedneault du collectif Citoyens pour un Vaudreuil durable, que je félicite pour son implication.

Serge Grenier

Chicoutimi

Favoriser la stabilité des enfants

Près de 6000 enfants sont accueillis par des familles québécoises qui leur prodiguent soutien et assistance, comme le prescrit la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ). Elles leur apportent en plus, amour, attention et valorisation, même si cela n'est pas inscrit à la loi.

Les enfants en famille d'accueil ont certes leur propre historique, mais ils ont ce besoin commun de stabilité. Pour certains, la famille d'accueil est une résidence temporaire jusqu'à ce qu'une situation familiale problématique se résorbe. Pour d'autres, elle sera le seul milieu familial significatif et c'est avec elle qu'ils établiront leur projet de vie.

La LPJ existe pour assurer le bien-être accru des enfants, encadrer la qualité des ressources et reconnaître l'apport des familles d'accueil. Nous ne débattons pas de sa légitimité, mais bien d'un aspect qui compromet actuellement la stabilité de l'enfant.

La LPJ stipule actuellement que seules les parties reconnues par le tribunal peuvent participer au débat, notamment lors d'une procédure de signalement, et avoir accès au dossier lors d'une intervention. Les familles d'accueil ne sont pas reconnues comme partie et réclament que la LPJ soit modifiée en ce sens dans tout processus administratif et judiciaire affectant un enfant

Si une famille d'accueil veut bénéficier du droit d'être entendue, elle n'a d'autres choix que de procéder à un recours en intervention, dédales judiciaires et délais interminables s'en suivent. Elles ont droit à un procès, dans un procès. Cette procédure peut perdurer jusqu'à un an et demi. Il n'en faut pas plus pour que les enfants, retirés temporairement de leur milieu, subissent les contrecoups de ce non-sens. Liens d'attachement brisés et confiance affective endommagée.

Une simple comparaison avec la Loi sur les services à l'enfance et à la famille de l'Ontario démontre toute l'incongruité de la LPJ. Chez nos voisins, une famille d'accueil a droit au statut de partie, si l'enfant est dans la ressource depuis au moins six mois. En refusant de considérer automatiquement les familles d'accueil à titre de parties, comme le fait pourtant l'Ontario, le Québec envoie le message que la valeur de l'opinion et de l'expérience de ces ressources est de seconde importance.

En 2016, année de révision de la LPJ, la FFARIQ compte faire valoir la position de ses membres afin d'y apporter une modification durable qui favorisera la stabilité de l'enfant et reflètera mieux la réalité. Une pétition est d'ailleurs disponible sur le site Web de l'Assemblée nationale dans la section «Exprimez votre opinion».

Les familles d'accueil sont des familles avant tout. Madame la ministre, vous devez faire en sorte que la LPJ reconnaisse leur apport envers la stabilité de nos enfants.

Jacinthe Boucher

Présidente de la FFARIQ

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