Des limites à l'écoeurement

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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Le Quotidien

OPINIONS / Ça paraît que Gaétan Barrette, radiologiste de formation, ne traitait pas (directement) les malades quand il pratiquait.

Il se contentait que regarder des parties d'eux en noir et blanc sur des clichés contrastants. Conséquemment, on peut mieux comprendre son peu d'empathie envers tant de personnes qui souffrent dans les hôpitaux. Et son mépris envers le personnel salarié qui se dévoue auprès d'eux. Mis à part les comités de malades, différentes associations bénévoles, les groupes sociaux et les syndicats, je n'ai pas entendu dire que d'autres étaient montés aux barricades pour dénoncer la réforme Barrette en santé et services et sociaux. Un chantier d'incompétence qui démontre que nos services hospitaliers et leurs adjuvants, comme les CLSC, se désorganisent plutôt que l'inverse, mettant en danger la vie des malades les plus vulnérables, cela va de soi. Mais ça touche également la santé physique et psychologique du personnel salarié qui gravite autour d'eux. Seuls les gestionnaires qui font aveuglément confiance à la sélection naturelle peuvent adhérer à la formule « déconstruction-reconstruction » du ministre Barrette, qui semble avoir perdu de vue que la ressource prioritaire sur laquelle s'appuie l'État pour dispenser ses services de santé à la population est le personnel.

La situation est rendue à ce point invivable que même les gestionnaires du milieu, par l'intermédiaire de l'Association des gestionnaires des établissements de santé et de services sociaux, habituellement timorés à lutter contre le gouvernement avec des moyens semblables aux organisations syndicales, manifestent également leurs ras-le-bol. Au moyen de publicités non équivoques dans les journaux, ils dénoncent les mensonges du ministre Barrette dans une entrevue qu'il a accordée le 20 avril à l'émission de RDI « 24 heures en 60 minutes ». Selon ses dires, « y pas de désorganisation »; les chiffres sur les cadres replacés, partis ou retraités sont véridiques; les changements chez les cadres ne touchent pas la proximité des services. Les gestionnaires font ressortir avec raison qu'ils constituent un rouage majeur dans l'administration du système de santé et de services sociaux offerts à la population. Si, comme le ministre veut nous en convaincre, la désorganisation du système de santé et des service sociaux n'est pas totale, il n'en demeure pas moins que la lumière rouge allumée par les gestionnaires, généralement en rangs serrés derrière leur ministre pour préserver leur carrière, devrait inciter le gouvernement à montrer ses devoirs à la Vérificatrice générale, comme le réclament d'ex-fonctionnaires du gouvernement.

Pas nécessaire que les ratés de cette réforme, qui ne semble profiter qu'aux seuls confrères de Gaétan Barrette et Philippe Couillard, fassent la manchette tous les jours dans les médias pour se rendre compte qu'elle va frapper un mur et que ce sont les patients et les employés salariés qui en feront les frais. Les urgences encombrées par des patients orphelins; les CLSC qui sont sur le point de fermer; les professionnels autres que les médecins capables qui se voit toujours interdits d'accomplir plein d'actes médicaux pour lesquels ils sont formés; les coûts faramineux associés à la rémunération du corps médical. Ne seraient-ce pas là que quelques constituants de la partie immergée de l'iceberg? Inquiétant!

Blandine Lapointe-Brassard

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