Retour sur la partielle

Mireille Jean et Pierre Karl Péladeau... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Mireille Jean et Pierre Karl Péladeau

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Carrefour du lecteur
Le Quotidien

OPINIONS / Nombreux sont ceux qui ont tenté d'expliquer cette étonnante remontée du Parti québécois lors de l'élection partielle dans Chicoutimi et la surprenante dégelée qu'a subie le Parti libéral.

Un historien et sociologue bien connu ici affirmait sans hésitation que le vieux fond de nationalisme des Chicoutimiens avait ressurgi avec une vigueur renouvelée. Laissez-moi douter. C'est vrai qu'avec plus de 3000 voix de majorité, Mme Jean a en quelque sorte pulvérisé son adversaire libérale. Quand on réalise que lors des trois dernières élections, chacun des candidats du Parti libéral l'avait échappé par environ 1500 voix, on a du mal à comprendre pourquoi cette fois-ci, avec un taux de participation d'à peine 40%, la candidate péquiste l'a emporté avec plus de 3000 voix. On pourrait croire qu'avec un taux de 75%, c'est par plus de 5500 voix qu'elle l'aurait emporté. Non, personnellement je ne crois pas à cette soudaine poussée de fièvre indépendantiste. Sur ce plan, il me semble que les Chicoutimiens ont déjà fait plus que leur part et payé le gros prix.

L'affaire Normandeau, et plus récemment l'affaire Hamad, pourraient-elles avoir à ce point choqué l'électorat? J'en doute. Tous savent fort bien qu'en matière de politique, tout n'est jamais tout blanc d'un côté et tout noir de l'autre.

M. Harvey (de la firme Segma Recherche) a pour sa part évoqué une autre raison et je crois que celle-là a pesé fort dans la balance. Pour avoir participé à l'investiture du Parti libéral le 6 mars dernier, j'ai compris qu'en élisant la candidate favorite du maire Tremblay au détriment de M. Serge Bergeron, un candidat de grande expérience dans le monde de l'éducation et, à plus long terme peut-être ministrable, chuchotaient certains, le Parti libéral partait perdant. Ce dimanche-là, il était facile de prendre la mesure de l'appui de la machine du maire à la cause de Mme Gobeil. On aurait dit que tout «l'establishment du parti du maire» s'était donné rendez-vous. Très nombreux étaient ses partisans: simples citoyens identifiables par le ruban rouge qu'ils portaient au poignet, conseillers municipaux qui normalement sont complètement effacés et personnel-cadre de la Ville.

Au lendemain de sa défaite, Mme Gobeil affirmait qu'elle reviendrait encore plus forte dans deux ans. J'ai nettement l'impression qu'elle a grandement surestimé cet appui inconditionnel du maire. Je doute fort que le maire Tremblay, avec le peu de respect qu'il a pour la démocratie et le mépris qu'il montre envers ses opposantes au conseil, recueille encore des cotes d'amour de plus de 80%. Mme Gobeil devrait en prendre bonne note.

Louise Dumais

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer