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Les ménages canadiens devraient s'attendre à débourser environ... (Archives Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Les ménages canadiens devraient s'attendre à débourser environ 345$ de plus en 2016 pour leur épicerie.

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OPINIONS / Non seulement faut-il monter le salaire minimum à 15$ l'heure, mais il faudrait qu'il suive l'inflation.

Je me suis fait cette réflexion au cours de ma dernière visite au supermarché en visualisant les prix des denrées alimentaires. Même celles de base (lait, pain, légumes, fruits) m'apparaissent inabordables à quelqu'un qui gagne un salaire minimum et qui doit consacrer plus de 50% de ses revenus pour se loger décemment. Cependant, il s'en trouve pour affirmer qu'une augmentation de salaire accordée à un travailleur au salaire minimum, condition de misère, serait inappropriée.

Récemment dans une lettre ouverte au journal, Le Quotidien de Saguenay, Martine Hébert, vice-présidente de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, a fait le raisonnement que si les plus bas salariés du marché du travail voyaient leur salaire minimum haussé à 15 dollars l'heure cela leur serait nuisible. Pour quelle raison, ma foi? Tenez-vous bien: aux motifs que leurs impôts s'en trouveraient de ce fait augmentés et qu'ils devraient cotiser davantage au Régime des rentes du Québec (RRQ). Oui oui, j'ai bien lu: madame dit que si on augmente le salaire minimum d'une personne qui travaille à plein temps, cette dernière sera privée d'environ le tiers de cette augmentation, laquelle retournera dans les coffres de l'État via les impôts supplémentaires qu'elle devra payer [ainsi] que ses cotisations aux différents régimes sociaux RQAP, RRQ, etc.). Quelle absurdité! Quel sophisme! Y aura-t-il une seule personne au salaire minimum pour avaler pareille couleuvre?

Non, une petite voix dans la tête de ces très bas salariés leur soufflera plutôt que cet argent qui leur échappera servira à faire tourner l'économie d'ici, qui, soit dit en passant, profite aux PME du Québec. Les subventions réclamées par les chambres de commerce au Fonds vert du gouvernement pour les aider à se conformer aux normes environnementales sont un bon exemple. Mais encore, une partie de cette augmentation de salaire pourra servir au travailleur à mettre de l'argent de côté dans un fonds de travailleurs pour préparer ses vieux jours. Oups! En passant, un fonds de travailleurs, depuis nombre d'années que ces derniers y cotisent, ça sert à subventionner judicieusement les PME du Québec. Quant à une meilleure cotisation à la RRQ, elle sera vue comme un excellent placement par un travailleur assez autonome pour se prendre en mains. Encore une fois pour ses vieux jours. Quoi qu'il en soit, le débat sur le salaire minimum est une chose trop sérieuse pour le laisser entre les mains de la seule PME. Les groupes sociaux et les organisations syndicales sont bien placés pour le savoir.

Marcel Lapointe

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