Le plan d'action du caribou forestier

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Caribou forestier

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Le Quotidien

OPINIONS / Avec son plan d'action pour la conservation de l'habitat du caribou forestier présenté le 5 avril dernier, le gouvernement du Québec prend l'initiative du débat sur la protection du caribou forestier et des forêts intactes. Il donne suite à ses obligations dans le cadre de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables et cherche à apporter une réponse tenant compte à la fois des enjeux écologiques et des enjeux socioéconomiques pour les communautés touchées.

Ce plan vise à concentrer la majeure partie des efforts de protection sur les éléments clés de l'habitat du caribou et là où les chances de succès sont les meilleures. Il propose entre autres des mesures concrètes comme l'établissement d'une nouvelle limite nordique, le maintien de 90 % des forêts intactes, la création d'aires protégées dans la vallée de Broadback et dans les Montagnes Blanches.

Ces enjeux sont au coeur du débat sur la certification FSC dans la région et il était souhaitable que le gouvernement du Québec prenne l'initiative pour trouver une solution à ce problème. Si les principaux acteurs pouvaient faire un consensus autour de ce plan d'action, il serait peut-être possible de concilier les exigences de la politique gouvernementale avec celle de FSC et de convenir d'une solution durable pour l'industrie forestière de la région. Les groupes écologiques ont reçu favorablement ce plan d'action alors que les entreprises ont été plus critiques.

Les interventions annoncées dans ce plan d'action ne sont pas suffisamment précises pour que l'on puisse en mesurer les impacts sur la possibilité forestière et les emplois dans la région. On peut croire que des discussions avec les principaux acteurs viendront les préciser. Il est souhaitable que ce plan d'action serve de point de départ à des négociations franches et sincères et que la région soit associée à ce débat.

Dans le cadre de ces discussions, il sera nécessaire d'utiliser l'expertise du forestier en chef pour mesurer les impacts de ce plan d'action sur la possibilité forestière et les emplois et de convenir de nouvelles mesures à prendre pour augmenter la possibilité forestière et indemniser les communautés touchées.

Dans sa chronique du journal Le Quotidien du 11 avril, Bertrand Tremblay estime que la perte d'emplois dans le secteur forestier de la région pourrait être de l'ordre de 5000 emplois sans préciser les bases de cette prévision. C'est un chiffre qui est trop élevé étant donné qu'il y avait 5998 emplois dans ce secteur en 2013 et qu'il y en a moins aujourd'hui (tableau 1-7-3 p.17, Bergeron, Gilles et Nancy Gélinas. Évaluation de l'impact social et économique de la mise en oeuvre des exigences du Forest Stewardship Council sur le territoire de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Québec, 2015, vii).

À la suite des analyses de notre rapport, nous estimons que l'impact sera une perte entre 1426 et 713 emplois dans le secteur forestier de la région, et ce, en tenant compte de l'ensemble des mesures pour satisfaire aux exigences de FSC (rapport tableau 3,1-4 p.45). Ces calculs ont été faits sans tenir compte des mesures qui pourraient être prises par le gouvernement pour compenser la perte de possibilité forestière.

Gilles Bergeron

Nancy Gélinas

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