Consigne pour un panier d'épicerie

Certains supermarchés exigent désormais un dépôt d'un dollar... (Martin Tremblay, La Presse)

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Certains supermarchés exigent désormais un dépôt d'un dollar pour utiliser leurs paniers.

Martin Tremblay, La Presse

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Le Quotidien

OPINIONS / Depuis quelque temps, un grand supermarché du boulevard Barrette, à Chicoutimi, exige une caution de 1$ de toute personne qui désire utiliser un panier sur roues pour faire son épicerie. Voilà une décision ridicule à souhait qui doit être dénoncée auprès des propriétaires de Maxi. Maxi, tout comme les autres filiales de Loblaws, dont Provigo, est un réseau entièrement contrôlé par les dirigeants de la colossale compagnie anglophone George Weston ltée, de Toronto, une entreprise occupant une place beaucoup plus importante que Walmart, par exemple, dans le quotidien des consommateurs canadiens.

J'ai eu la confirmation que cette idée folle d'imposer un dollar à chacun des clients pour avoir le privilège d'acheter des aliments et autres produits chez Maxi, de Chicoutimi, provient de la direction locale de l'établissement. Évidemment, le dollar est remis quand on passe à la caisse. Mais sachons que la compagnie internationale Weston n'a nullement besoin de louer des paniers d'épicerie aux gens pour équilibrer son budget.

En juillet 2013, George Weston ltée, par l'intermédiaire de sa filiale Loblaw, faisait l'acquisition, au coût de 12,4 milliards$, de l'entreprise Pharmaprix, également de Toronto, connue dans les provinces anglaises du Canada, avec sa raison sociale Shoppers Drug Mart. Plusieurs des 1300 pharmacies de cette chaîne, qui possède également des intérêts en Chine, en Israël et en Pologne, offrent un nombre grandissant d'articles que l'on retrouve dans les épiceries, y compris des produits laitiers, des oeufs et de la viande.

Avec un chiffre d'affaires annuel surpassant les 47 milliards$, et un profit net frôlant les 500 millions$, George Weston ltée peut se dispenser des avantages économiques nuls ou très discutables provenant de la location à 1$ des paniers d'épicerie de sa filiale chicoutimienne Maxi. D'ailleurs, je suis persuadé que si Galen Weston, président de Loblaw, prenait connaissance de cette bourde commerciale, les beaux paniers roulants flambant neufs du supermarché Maxi, de Chicoutimi, redeviendraient rapidement gratuits, comme c'est le cas

dans toutes les épiceries modernes du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de partout ailleurs au pays.

Âgé de 43 ans, Galen Weston, qui joue le premier rôle depuis quelques années, dans la plupart des annonces télévisées de Loblaw et de toutes ses filiales, dont Provigo et Maxi, s'efforce de parler français en vantant, avec le sourire et la complicité enjouée des autres figurants, la grande qualité des produits portant la marque Le Choix du Président, disponibles chez les détaillants québécois de l'entreprise. Né en Irlande, Galen Weston est l'arrière-petit-fils de George Weston, fondateur de la compagnie, en 1882. George Weston a émigré des États-Unis pour s'établir à Toronto et ouvrir une boulangerie, devenue, au fil du temps, le plus grand producteur de pains et de pâtisseries au Canada.

Diplômé des universités Harvard et Columbia, Galen Weston, dont la fortune personnelle a été évaluée à 9,5 milliards$ par la revue américaine Forbes, en février dernier, sera certainement malheureux d'apprendre qu'un concessionnaire borné du Saguenay réclame de l'argent de chacun des clients qui désirent mettre des produits dans un panier roulant. Galen Weston se demandera notamment pourquoi ce commerce a décidé de compliquer ainsi la vie de sa clientèle. Toute personne doit d'abord trouver une pièce afin de libérer l'un des paniers désirés, lesquels sont littéralement enchaînés en file. En période hivernale, le procédé s'avère particulièrement désagréable, puisque les paniers au jaune corporatif se trouvent dans un abri exposé aux caprices de Dame nature, à l'extérieur. En outre, le temps de trouver le fameux dollar risque d'indisposer des hommes et des femmes qui veulent, eux aussi, louer ces paniers jaunes rutilants.

C'est évident que Maxi du boulevard Barrette a perdu des clients depuis l'instauration du système farfelu de location de ses paniers d'épicerie sur roues. D'autres consommateurs qui ont trouvé l'expérience bizarre ou invraisemblable n'y retourneront plus.

Chose certaine, l'un des dirigeants de Loblaw interviendra pour normaliser la situation chez Maxi, en libérant les paniers d'épicerie de leurs chaînes. Ce sera peut-être Galen Weston lui-même.

Gabriel Berberi

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