CIUSSS: le budget avant les services

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Le Quotidien

OPINION / Je suis étonné de lire la réponse officielle de l'hôpital de Chicoutimi concernant la situation qui a prévalu au cours de la fin de semaine du 12 et 13 mars dernier. Le CIUSSS n'envisage pas de deuxième équipe opératoire et préfère envoyer des cas vers Alma.

J'étais le chirurgien orthopédiste de garde. J'ai reçu 19 cas chirurgicaux, la salle d'opération était difficilement accessible et deux cas ont dû être transférés à Alma. Six patients ont été opérés vendredi, seulement 3 samedi et 3 dimanche. Cinq autres cas ont été reportés au lundi suivant où j'ai finalement dû annuler des chirurgies électives afin de pouvoir les passer. Plusieurs patients ont donc attendu 48 h avant d'être opérés et quelques-uns ont même attendu 72 h, dans une salle d'urgence débordée ou sur les étages dans des lits qui se font rares.

En chirurgie orthopédique, nous avons le plus grand nombre d'urgences au bloc opératoire, mais par contre, toutes les autres spécialités ont des cas plus urgents. Ces spécialités ont donc priorité.

C'est ce qui est survenu le samedi 13 et le dimanche 14 mars. Chaque jour, j'ai opéré un patient le matin et j'ai dû céder la place à des spécialités avec des cas plus urgents. Il n'y avait pas d'infirmières disponibles pour une deuxième équipe. Après avoir attendu toute la journée, j'ai enfin pu commencer à opérer en début de soirée pour finalement, encore une fois, devoir laisser la place à des cas plus urgents.

Lorsque la direction de l'hôpital dit «nous n'avons pas été en mesure de réunir trois infirmières, un anesthésiste, un chirurgien et un inhalothérapeute», j'aimerais préciser que moi, le chirurgien, j'étais disponible, en attente d'une salle d'opération, occupé à expliquer aux familles pourquoi leur proche n'était pas encore opéré...

À Trois-Rivières, hôpital qui draine une population semblable à la nôtre, il existe une procédure qui permet d'éviter ce genre de problème: à midi, les samedis et dimanches, les cas en attente sont analysés et s'il y a plus de 8 h cumulatives de chirurgie, il y a automatiquement une demande pour une deuxième équipe.

Avec la campagne électorale qui débute à Chicoutimi, j'espère que la population ainsi que les journalistes poseront les bonnes questions aux candidats:

1) L'hôpital de Chicoutimi est-il un véritable Centre de traumatologie? Personnellement, après une résidence au Montréal General Hospital et à l'hôpital du Sacré Coeur, et un Fellow à Toronto, je ne connais pas de Centre de traumatologie qui transfert ses clients vers d'autres hôpitaux! Je ne connais pas non plus de Centre de traumatologie incapable d'ouvrir une deuxième salle.

2) Le financement de l'hôpital de Chicoutimi est-il à la hauteur de sa mission régionale? Nous couvrons un territoire qui s'étend de Chibougamau jusqu'aux Escoumins!

3) Pourquoi les citoyens de Trois-Rivières ont-ils un meilleur service pour les urgences la fin de semaine?

À force de coupures et de restrictions budgétaires, et avec l'annonce de prochaines coupures à venir, je ne reconnais plus l'hôpital où je pratique depuis 27 ans. J'ai l'impression que pour l'administration, le budget de l'hôpital est plus important que la qualité des soins aux patients.

Je crois que la clientèle orthopédique a droit à de meilleurs services de la part de notre hôpital.

Louis-R. Bélanger, M.D., F.R.C.S.

Chirurgien orthopédiste

Avoir un chalet

Je dois faire un bref retour sur les analyses du budget libéral d'hier (mardi). On parle d'un budget qui «aidera» la culture. J'en ai marre.

La culture n'est pas une politique sociale. Les familles, l'aide aux personnes à faible revenu sont des politiques sociales. L'investissement en culture est une politique culturelle.

Jamais n'ai-je entendu un analyste politique dire qu'en période de récession ou de stagnation économique, on «aide les entrepreneurs». On parle plutôt de «coup de barre économique», «d'investissement en infrastructures». C'est inspirant, noble.

Dit-on qu'on «subventionne» les gars de la construction qui bûchent sous un soleil de plomb quand on lance un grand chantier comme la route XYZ. Non. Pourtant, il s'agit d'un investissement d'argent public au bénéfice d'entreprises dans l'intérêt de ses concitoyens: l'accès à des infrastructures de qualité.

Dit-on qu'on «aide» les fonctionnaires qui travaillent fort pour l'État? Non. Pourtant, il s'agit d'un investissement d'argent public au bénéfice d'une famille dans l'intérêt de ses concitoyens: l'accès à un service public de qualité.

Dit-on qu'on «donne» de l'argent aux meilleurs gens d'affaires quand on offre des soutiens aux festivals? Non. Pourtant, ils sont partie intégrante d'une dynamisation du capital qui part des événements, mais dont les subsides sont dirigés en grande partie vers le privé; il s'agit d'un investissement d'argent public au bénéfice d'un groupe d'entrepreneurs dans l'intérêt de leurs concitoyens: l'accès à une offre culturelle de qualité.

Pourquoi «encourage» -t-on les artistes? Pourquoi acceptons-nous d'être des nécessiteux? Pourtant, il s'agit d'investissements d'argent public au bénéfice d'une ou des personnes dans l'intérêt de ses concitoyens: l'accès à une identité de qualité.

Alors si oncle Marcel Entrepreneur s'achète - avec raison, il a assurément beaucoup travaillé! - un chalet après avoir fait un coup d'argent suivant un lucratif contrat de bétonnage émanant du ministère XYZ, ben exigez au moins qu'il reconnaisse votre droit d'avoir le droit de faire ce que vous voudrez avec ce que vous avez dignement mérité.

Gens du culturel, refusez l'étiquette. Le milieu n'est ni pire, ni mieux que quiconque. Nous sommes tous des Québécois qui travaillent au meilleur de nous-mêmes à concrétiser une vision gouvernementale qui veille à la qualité de son territoire. Qui elle-même découle de notre désir d'être d'une nation dont nous sommes fiers.

Ian Gailer

Québec

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