Socialement acceptable

L'Usine Vaudreuil... (Archives Le Quotidien)

Agrandir

L'Usine Vaudreuil

Archives Le Quotidien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Carrefour du lecteur
Le Quotidien

Le projet de l'Usine Vaudreuil jusqu'en 2022 suscite un certain nombre de réactions au sein de la population. Rappelons que Rio Tinto, le promoteur du projet, veut agrandir son site d'entreposage des résidus de bauxite à proximité du quartier panoramique.

Le site actuel atteindra son niveau de saturation en 2022. Grâce à un procédé de filtration industrielle, la boue rouge sera séchée, compactée et érigée sur le nouveau site jusqu'en 2047. À terme, il restera sur le site d'entreposage actuel et à venir (phase 2 du projet) une montagne de boue rouge séchée qui atteindra 30 mètres de hauteur. Des résidants s'inquiètent avec raison, alors que RT dit avoir examiné d'autres options possibles d'entreposage, lesquelles se sont avérées trop coûteuses selon ses critères. 

Un Comité de citoyens s'est constitué pour informer la population et tenter de trouver une solution de rechange à ce projet. Ce comité propose, entre autres, d'examiner d'autres options que celle envisagée par RT afin de protéger la zone tampon qui sépare le terrain de RT de la population de la ville de Saguenay. Depuis la création de l'industrie de l'aluminium dans notre région, il est tout même étonnant qu'on ne se soit jamais tourné vers une solution durable et écoresponsable, autre que l'entreposage. Pourtant il en existe.

Pourquoi ne pas envisager de donner une nouvelle vie à ces résidus en utilisant la bauxite dans la fabrication de matériaux viables techniquement et économiquement? On le fait déjà en combinant des résidus végétaux (sciure de bois, chanvre, etc.) et de plastique pour créer des produits à haute valeur ajoutée. Notre équipe du laboratoire de bioplasturgie oeuvre déjà dans ce domaine et entrevoit un avenir possible pour les résidus de bauxite. Il ne s'agit pas seulement de «produire l'aluminium le plus vert au monde», pour reprendre les propos de M. Étienne Jacques, chef des opérations de RT, mais d'exploiter avantageusement les déchets miniers liés à l'industrie de l'aluminium. Un tel projet, innovant et structurant, permettrait à la fois de réduire les coûts et les inconvénients de l'entreposage tout en créant des emplois dans la région à moyen et à long terme.

À titre de citoyen d'Arvida et de professeur-chercheur, je crois que nous devrions miser sur la création d'un consortium réunissant tous les partenaires régionaux (chercheurs universitaires, municipalité, industrie, gens d'affaires, travailleurs, citoyens) autour d'un projet commun dont nous serions fiers: travailler, pour la région, à la valorisation des résidus industriels de la région. Le projet d'Usine Vaudreuil au-delà de 2022 devrait être une occasion de mettre à profit le savoir-faire exceptionnel d'ici. Nous avons un horizon de six ans, avant la réalisation de la phase 2 du projet d'agrandissement, pour trouver une solution durable et créatrice d'emplois. Essayons, en partenariat, de voir plus loin et plus haut que deux montagnes de bauxite à léguer à nos enfants. Nous méritons mieux que cela. J'invite tous les partenaires potentiels à se positionner et à réagir en proposant une solution à long terme à un problème «planétaire» qui touche aussi notre région. 

Fouad Erchiqui Ph.D en génie mécanique

Professeur titulaire et ancien agent de recherche, Conseil National de Recherche du Canada (Institut des matériaux industriels)

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer