Que se passe-t-il à Saint-Jean-Vianney?

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Le Quotidien

Je vis à Shipshaw tout près de Saint-Jean-Vianney, je suis marié, père et grand-père et je pratique le vélo de montagne à Saint-Jean-Vianney, comme plusieurs, depuis plus de 20 ans. Ce que je vois dans ce secteur, ce sont des amateurs d'aéromodélisme qui font voler leurs petits avions sur une piste bien aménagée, ce sont des véhicules 4x4 qui ont envahi tous les recoins du territoire et qui l'ont saccagé en creusant des roulières profondes très peu agréables à voir, ce sont des chasseurs qui l'automne mettent des affiches «danger chasseur à l'affût» dans les sentiers, ce qui inquiète les amateurs de vélo de montagne, et c'est aussi des gens stationnés dans des embranchements.

Parfois, il y a deux voitures dont les personnes paraissent discuter la vitre ouverte. En 20 ans, il m'est arrivé une seule fois de présumer qu'il y avait une activité sexuelle dans une voiture. J'imagine qu'une fois qu'il y a consentement d'échange sexuel entre deux personnes, celles-ci se retirent dans un secteur discret à l'abri des regards. Des personnes qui pratiquent le nudisme, c'est une vieille histoire. Elle n'existe plus depuis que Rio Tinto a enroché, pour une question de sécurité, toute la rive du Saguenay où ça se pratiquait. Dans ces 20 ans, jamais je n'ai été abordé par ces gens que je considère respectueux des autres utilisateurs du territoire. J'ai plutôt été intimidé par des amateurs de VTT qui frôlaient mon vélo le plus près possible, et j'ai été engueulé par des automobilistes qui considèrent que la route, ça ne se partage pas. Mais ça, ça arrive à tous les cyclistes. Les plus agressés dans cette histoire, ce sont les personnes homosexuelles. Il y a quelques années, un homophobe avait peinturé sur l'asphalte une potence et l'inscription «mort aux fefis». Voilà ce qui ce passe vraiment à Saint-Jean-Vianney. Ce secteur a un immense potentiel pour le plein air. Toutefois, il est temps que les activités soient encadrées et particulièrement pour les 4x4 qui pourront aussi avoir leur place.

Denis Henry, Shipshaw

La franche connexion

Miser sur l'aluminium de spécialité, a déclaré le chef des opérations Métal primaire de la compagnie Rio Tinto, Étienne Jacques, devant des membres de la Chambre de commerce de Saguenay. Petits lingots, T de fonderie et de refonte, alliages spéciaux pour l'avionnerie, billettes, etc. C'est selon M. Jacques la voie à privilégier pour le métal gris de haute pureté produit dans la région pour un marché très séduisant en Amérique du Nord. Très bien, mais encore faudrait-il que les futures usines qui pourraient produire ici des biens variés à valeur ajoutée demeurent chez nous! Que lorsque devenues rentables et très performantes , elles ne soient pas achetées par des Chinois ou par d'autres. Ce qui fut le cas pour le laminoir Novelis d'Arvida transféré sous des cieux plus rentables pour les actionnaires avec au bout du compte, un vol d'expertise en matière d'aluminium de spécialité et la perte d'une centaine d'emplois chez nous de haute qualité. Quel appauvrissement pour une ville déjà très affectée par un haut taux de chômage devenu endémique! Il faut toujours se souvenir que Rio Tinto est en premier lieu une minière mondiale; que son département aluminium est secondaire pour elle.

Autre chose. J'ai détesté la façon intimidante de monsieur Jacques de s'adresser à nous; parce qu'à partir du moment où son discours a fait la manchette dans Le Quotidien, il ne s'adressait pas qu'aux commerçants et industriels de Saguenay. Je vois de l'intimidation de sa part quand il dit, par exemple, que l'expansion du site d'entreposage des boues rouges est le prix environnemental à payer pour que l'Usine Vaudreuil continue d'opérer encore 25 ans. Il faut se soumettre, dit-il, à la nouvelle réalité économique mondiale, mais il y a également une nouvelle réalité environnementale à prendre en compte. Concernant ces fameuses boues rouges issues des résidus de bauxite dont on veut poursuivre l'entreposage à l'air ambiant et à la vue des citoyens, aujourd'hui elles peuvent être valorisées en les recyclant dans l'économie circulaire en de nouveaux produits. Voilà des éléments d'un nouveau paradigme que monsieur Jacques ne peut feindre d'ignorer s'il souhaite une véritable connexion avec la population régionale pour dégager des consensus.

Blandine Lapointe-Brassard, Jonquière

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