Réponse des syndicats de l'UQAC

L'Université du Québec à Chicoutimi... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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L'Université du Québec à Chicoutimi

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Le Quotidien

OPINION / Monsieur St-Hilaire,

Vous avez bien saisi la surface des choses dans la conférence de presse qui fait l'objet de votre éditorial. Nous critiquons en effet durement le recteur de l'UQAC, M. Martin Gauthier. Permettez-nous maintenant de vous inviter à un voyage dans la profondeur des choses, celle des faits eux-mêmes que vous avez tout simplement choisi d'ignorer.

Commençons par placer le fait qu'une université ne se réduit pas à son recteur. Il n'est écrit nulle part que les recteurs d'université soient couverts par le dogme de l'infaillibilité et qu'il suffit donc, comme vous l'indiquez dans votre éditorial, d'en critiquer un pour fragiliser tout l'édifice qu'il dirige. Une université est un tout, un univers en soi. À part le recteur, il y a des milliers d'étudiants, des centaines de professeurs et de chargés de cours, des employés de soutien, des professionnels et des cadres. Or les cinq syndicats promoteurs de cette conférence de presse représentent la très grande majorité de ces personnes. De plus, les étudiants les ont par la suite rejoints en exprimant leur accord avec ce qui avait été dit. Par ailleurs, si vous aviez pris soin de lire le dossier de presse disponible durant la conférence, vous auriez pu lire une lettre adressée au doyen des études faisant état de la situation lamentable qui prévaut à l'UQAC concernant les programmes, lettre cosignée par 17 directeurs, de module, d'unité d'enseignement, de programmes de 1er, 2e et 3e cycles. Nous pensons que vous ne prenez pas la mesure de la consternation et de l'inquiétude qui règnent à l'UQAC. Vous n'y faites même pas référence dans votre éditorial.

Ce à quoi vous faites référence cependant, c'est que toutes ces personnes se seraient trompées de cible. Elles auraient tiré sur le «messager». Rien n'est plus faux. Le recteur n'est pas un simple messager et encore moins la victime innocente de coupes budgétaires récurrentes. Il est au contraire l'acteur conscient et actif d'une politique de remaniement en profondeur de l'UQAC. Le communiqué de presse ainsi que le dossier de presse le démontraient amplement, faits à l'appui.

L'un de ces faits concerne la mise sur pied d'un comité dit de «pérennité» qui vise à procéder à des coupes permanentes dans les programmes et les activités d'enseignement; rien de moins. Des coupes qui dépassent le simple objectif, du moins celui ouvertement affirmé, du gouvernement Couillard de procéder pour une année encore à des coupes budgétaires dans l'éducation avant de procéder à un réinvestissement. Pourquoi des coupes permanentes alors que la lumière luirait enfin au bout du tunnel? Le prétexte des restrictions gouvernementales ne tiendrait donc plus. Nous pensons que l'objectif sous-jacent au futur réinvestissement de Québec sera conditionnel à des changements structuraux dans les universités. Et c'est à la mise en place de ces changements que le recteur met actuellement toutes ses énergies, car il en partage les objectifs finaux.

L'autre fait très parlant est l'indifférence totale du recteur à l'égard du groupe de travail constitué par le vice-recteur à l'enseignement, à la recherche et à la création, M. Fahmi, au sujet duquel, par ailleurs, vous dites de belles choses. Contrairement à une simple logique qui veut que le processus visant à la détermination des priorités et des objectifs de l'institution précèdent le budget, le comité sur la pérennité n'attendra pas le rapport du vice-recteur Fahmi. Ce dernier remettra son rapport alors que le budget aura été ficelé. Le futur rapport est tabletté avant même d'avoir vu le jour. Tel est le sort qui attend cet «exercice déterminant qui se fait en coulisse» et qui incarne «la richesse de penser», ainsi que vous le dites vous-même. Pourquoi cela? Parce que le vice-recteur défend l'enseignement, la recherche et la création, il veut mettre la mission fondamentale de l'UQAC à l'abri des coupes alors que le comité sur la pérennité veut y passer la «tronçonneuse». Et c'est nous, dites-vous, qui menaçons l'UQAC?

Savez-vous que l'une de nos demandes au recteur est de suspendre les travaux du comité de pérennité jusqu'à ce que le vice-recteur ait remis son rapport. Savez-vous enfin que nous, représentants des cinq syndicats de l'UQAC qui, selon vos termes, tirons sur le messager sans prendre conscience du rôle de locomotive de l'UQAC dans la région, participons activement aux travaux du comité du vice-recteur? Nous participons activement à cette «richesse de penser», c'est même en son nom que nous avons organisé cette conférence de presse.

Aux réflexes de déni manifesté par l'administration, les cinq syndicats invitent plutôt le recteur à faire face aux effets de son régime d'austérité et à faire preuve de transparence envers la communauté universitaire. Vous auriez compris tout cela si vous aviez laissé plus de place au journaliste qui est en vous.

Le regroupement des syndicats de l'UQAC:

Professeures et professeurs (SPPUQAC), Gilles Imbeau, président

Chargées et chargés de cours (SCCCUQAC), Richard Perreault, président

Professionnelles et professionnels (SPP-UQAC), Manon Bouchard, présidente

Employées et employés de soutien de l'UQAC (SCFP-1574), Normande Truchon, présidente

Étudiantes et étudiants employé.es de l'UQAC (SÉÉEU), Annie Maisonneuve, présidente

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