Les cyclistes n'ont pas de droit

Je vais travailler à vélo tous les jours depuis 25 ans, six mois par année. Mon... (Photo 123RF, Andriy Popov)

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Le Quotidien

Je vais travailler à vélo tous les jours depuis 25 ans, six mois par année. Mon trajet va d'Arvida au parc industriel de Chicoutimi. Je suis expérimenté.

L'automne dernier, à l'intersection de la rue Mathias et du boulevard du Royaume, je me suis fait happer par la droite à bonne vitesse par une automobile en provenance de Jonquière qui tournait à gauche sur la rue Mathias. Sa lumière l'autorisait à tourner.

Moi, j'étais à 20 pieds d'atteindre la piste cyclable en face du restaurant Mikes. Je n'avais pas à traverser la 170. J'ai eu une fracture du crâne, du nez, des contusions multiples et un traumatisme crânien important. Heureusement, je portais mon casque.

La semaine dernière, mon assureur m'a contacté pour me dire que j'étais responsable de cet accident et qu'il devait assumer tous les frais associés. La facture globale s'élève à plus de 10 000$.

On discutait de la problématique des cyclistes sur les routes en compagnie de quelques amis au restaurant il y a quelques jours. J'y déclarais que je trouvais très injuste que je sois déclaré responsable de cet accident.

Après tout, si j'avais été un piéton, personne ne serait allé jusque-là puisque je traversais la rue Mathias lorsque les feux étaient rouges de part et d'autre sur cette artère. 

Mon ami ajoute: c'est normal que les cyclistes se fassent heurter, car ils ne se comportent pas correctement... Sur le boulevard Talbot, ils roulent souvent à trois de large sur l'accotement. On devrait interdire cela. 

Je lui ai rétorqué que les automobilistes roulaient aussi à 3 de large sur ce boulevard et que personne ne s'en formalisait et que pour moi, ce n'est pas le genre de véhicule qui a des droits, mais bien l'humain que le conduit. Il me répondit de façon désinvolte que ce n'était pas pareil.

Ces prémisses m'ont à vrai dire porté à réfléchir et je me suis posé cette question: en tant que cycliste, ai-je des droits? J'arrive à la conclusion que non. Nous n'avons pas de droit comme piéton et nous n'en avons pas plus comme véhicule.

J'ai déjà déclaré plus haut que j'étais tenu responsable de mon accident parce qu'un cycliste n'est pas légalement identifié comme un piéton à une intersection. Les automobilistes peuvent circuler à trois de large sur le boulevard Talbot, mais pas les cyclistes. La SAAQ déclare sur son site que les cyclistes doivent se comporter comme des automobilistes sur la voie publique, mais comme des piétons aux intersections. 

Mon expérience montre que tout ça n'est que de la foutaise et que les autos sont reines et maîtres sur nos routes autant dans les lois que dans l'opinion publique. Pourtant, la très grande majorité des cyclistes sont aussi des automobilistes. Il y a de quoi s'interroger, non?

En laissant retomber la poussière, j'arrive à une seule conclusion: c'est la loi du plus fort qui prévaut partout. Les lois ne sont d'aucun recours pour le plus faible, car s'il arrive quelque chose, c'est toujours lui qui écope. Ainsi, chers cyclistes qui prendrez la route dans les prochaines semaines, il faut éviter à tout prix de croire que le Code de la sécurité routière peut s'appliquer pour vous. Aux yeux de la loi et des automobilistes, vous ne valez guère plus qu'une mouche écrasée dans leur pare-brise et il faut se méfier scrupuleusement de tous les véhicules plus gros que soi un point c'est tout.

À méditer si vous espérez vivre longtemps.

Robin Boulianne

Jonquière 

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