La vraie menace est ailleurs

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Le Quotidien

La fausseté de certaines affirmations présentées dans le reportage du Progrès-Dimanche du 6 mars dernier sur le groupe La Meute nous a heurtés profondément. Le texte laisse croire qu'il y aurait une menace qui vient d'ailleurs, de l'étranger.

• Il y aurait «une montée de l'islamisme radical au sein de nos gouvernements autant provincial que fédéral». Mais où donc trouve-t-on des islamistes radicaux au sein du gouvernement du Québec et de celui du Canada? Aucun indice ne porte à croire une telle fiction.

• Les Québécois subiraient une «dictature» qui «veut les museler et les contrôler corps et âme». Le mot dictature désigne des régimes autoritaires non élus comme celui qu'a connu le Chili sous Pinochet ou actuellement la Syrie sous Bachar Al-Assad. Qui peut oser comparer nos gouvernements élus à ces régimes totalitaires?

• Il y aurait une «immigration de masse au Québec». Les faits: le Québec accueille environ 50 000 immigrants par année, sélectionnés en fonction de ses besoins économiques. Sous ce seuil minimum, il y aurait déclin démographique et pénurie de main-d'oeuvre. Quant aux 25 000 réfugiés accueillis récemment dans l'ensemble du Canada, ils représentent moins de 0,7% de la population. Pour sa part, notre région n'accueillera que quelques familles de réfugiés. Devant ces faits, peut-on sérieusement parler d'invasion?

• Les musulmans tenteraient de «nous faire rentrer de force l'Islam dans le fond de la gorge». Une telle affirmation ne relève-t-elle pas de la pure imagination? Car, en fait, l'immense majorité des musulmans du Québec et du Canada vivent, travaillent, élèvent leur famille et prient dans le respect des lois et des autres.

D'après nous, la vraie menace est ailleurs: dans les préjugés qui naissent de nos peurs mal raisonnées et dans la perte de notre humanité qui s'installe sans trop que ça paraisse. L'autre, le différent, l'étranger, est déshumanisé quand nous le regardons comme quelqu'un qui serait moins humain que nous. Nous avons droit à la sécurité et à une vie paisible. Mais l'autre qui fuit la guerre avec ses enfants dans les bras après avoir tout perdu, n'a-t-il pas lui aussi droit à la sécurité et à la paix? Y a-t-il d'autres choix pour lui que tenter de survivre dans un camp de réfugiés, de risquer la mer en cherchant la liberté et le bonheur, de mourir sous les bombes ou devant des frontières fermées?

Si nous demeurons indifférents au sort de ces personnes qui sont nos frères et nos soeurs en humanité, si nous les rejetons avec plus ou moins d'hostilité, cela ne revient-il pas à perdre quelque chose de notre propre humanité? Le meilleur de nous-mêmes se révèle dans notre capacité à nous ouvrir à celui ou celle qui souffre et se trouve plongé dans la détresse. Plus encore, nous avons besoin d'accueillir l'autre et de faire preuve de compassion pour déployer toute la beauté de notre humanité.

L'équipe des professeur-e-s de l'Institut de formation théologique et pastorale: Anne-Marie Chapleau (aussi membre d'une équipe de parrainage de réfugiés syriens), France Fortin, Jocelyn Girard (également cofondateur de Coexister Saguenay-Lac-Saint-Jean) et Andrée Larouche.

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