Le prix de la jeunesse

Le psychiatre Pierre Mailloux... (Archives La Presse)

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Le psychiatre Pierre Mailloux

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Le Quotidien

Au cours d'une sortie récente dans Le Quotidien, cette fois sur l'affaire scabreuse et révoltante d'un beau père agresseur, le «Doc» Mailloux a prétendu que la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) devrait disparaître, parce qu'elle est inefficace selon lui. Ma réaction spontanée fut la suivante: «Si chacun payait sa juste part en impôts, on n'en serait peut-être pas là». Parce que j'ai déjà entendu M. Mailloux à l'émission «Les francs-tireurs» se justifier de ne pas payer ce qu'il devrait en impôts.

Face à tous ces jeunes «poqués» par la vie, si en plus la DPJ n'existait pas, qu'en serait-il? Depuis des années, combien de fois ai-je lu dans les journaux ou entendu dans les médias électroniques qu'à la DPJ, les dossiers s'accumulent sur les bureaux? Non seulement parce que les cas d'abus de toutes sortes sur les enfants augmentent et qu'il en est de même pour les dénonciations, mais encore parce que le personnel n'est pas assez nombreux pour faire face à la situation. C'est de même partout dans les services publics parce qu'on veut nous pousser vers le privé. Ne pas remplacer les départs ou ne pas engager le personnel en rapport avec l'évolution de la situation, cela correspond à couper dans les services.

Or, avec l'austérité qui sévit dans la province, à la DPJ comme dans bien d'autres services (les CPE, les centres d'aide aux toxicomanes, les refuges pour femmes battues, l'aide aux jeunes filles exploitées pour la prostitution, etc.), les choses ne vont pas s'améliorer. Les jeunes qui réussissent tant bien que mal à se maintenir la tête hors de l'eau se retrouvent à l'école, voués presque inévitablement à vivre un problème de décrochage. Et en matière de persévérance scolaire, également, les choses se dégradent à vitesse grand V au motif qu'au fil des années. C'est le Réseau des instances régionales de concertation en persévérance scolaire (RIRC) qui le dénonce: près de 60% des fonds dédiés à la cause de la persévérance scolaire ont disparu depuis le retour au pouvoir des libéraux à Québec. Au cours des deux dernières années scolaires, leur financement serait passé de 19 à 7,5 M$ selon l'organisme.

Le gouvernement et les chantres néolibéralistes nous répètent à satiété que le retour à l'équilibre budgétaire est la priorité pour une saine gestion des finances publiques. Oui, mais en attendant, combien de jeunes encore seront sacrifiés sur l'autel de l'austérité néolibérale? Le gouvernement manque de courage et fait preuve d'insuffisance pour recouvrer tous les impôts dus au Trésor public. Indubitablement, s'il y avait moins de personnes au Québec à ne pas payer leur juste part à l'impôt, ça aiderait au financement de l'aide aux jeunes précaires et l'avenir serait plus prometteur pour eux.

Blandine Lapointe-Brassard, Jonquière

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