Hommage à un homme exceptionnel

Il y a des personnes qu'on rencontre dans la vie et qui nous impressionnent... (Infographie Le Soleil)

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Le Quotidien

Il y a des personnes qu'on rencontre dans la vie et qui nous impressionnent vraiment beaucoup. Simon Munger était un de ces êtres humains lumineux, allumé, branché sur la vie.

En tant que médecin, il ne m'est jamais arrivé qu'on me demande congé de l'urgence parce qu'il fallait aller passer un examen à Polytechnique: pas avant d'avoir Simon comme patient. Quand j'allais lui rendre visite, il avait toujours un petit chocolat pour moi: il aimait les chocolats et il aimait que les gens aiment les chocolats. Il savait, face à la maladie, garder un aplomb, une force de caractère, une capacité d'analyse qui impressionnaient tous les intervenants. En plus, il y avait ce sourire, cet enthousiasme si propre à la jeunesse, jeunesse qu'il portait haut comme un étendard, comme tous les jeunes qui veulent et s'apprêtent à conquérir le monde, la vie! Comme il en a fallu de force intérieure pour affronter sans jamais se décourager les écueils nombreux que lui a apporté cette maladie. Il y avait toujours de l'espoir, une solution à l'horizon: pas question de baisser les bras! Et encore moins question de se plaindre ou de perdre son sourire. Si ça prenait une canne pour se déplacer, Simon prenait sa canne: il n'est pas fréquent de voir arriver un jeune de 22 ans avec la canne à la main! Une seule fois, je l'ai entendu dire: «Là, je commence à trouver ça difficile».

Simon n'était pas seul. Il avait deux parents formidables! Deux parents présents, attentionnés, intelligents, soucieux du bien-être de leur fils, mais aussi de celui de tous. Et de la même trempe que Simon, bien entendu! Eux aussi, jamais je ne les ai vus aigris, acariâtres, revendicateurs: ils posaient les bonnes questions, soutenaient leur Simon dans toutes ces épreuves, durant ces hospitalisations longues et difficiles, ces examens sans nombre, ces attentes qui sont le lot du système hospitalier. Ils ont su démontrer une force de caractère qui a impressionné tout le monde. Ses deux parents étaient pourtant bien différents: ah, comme il est bon que les contraires s'attirent! Dans ce cas, le produit fini est vraiment impressionnant, je peux vous l'affirmer.

Au printemps dernier, alors que Simon menait un de ses combats contre la maladie, je m'étais dit que j'écrirais un message pour dire publiquement comment Simon et sa famille étaient des personnes formidables. Déjà, à ce moment, je savais que cette expérience de soins était vraiment spéciale. Je prévoyais le faire quand Simon serait «guéri», quand toutes ses souffrances seraient chose du passé...

Aujourd'hui, c'est malheureusement suite au départ de Simon que je mets ces mots par écrit. Ce que j'avais déjà constaté au printemps s'est prolongé durant encore de longs mois et dernièrement jusqu'à son départ de cette terre. Simon et ses parents auront mené un combat courageux et énergique contre la maladie, et ce, jusqu'à la toute fin.

Je ne connais pas tout l'héritage qu'aura laissé Simon au cours de son trop court chemin parmi nous. Je peux cependant vous assurer qu'il m'aura marqué en tant que médecin d'une façon très particulière et que je me trouve choyé de l'avoir connu. Simon, ce fut un privilège de t'avoir accompagné! Bon vent!

Marc Bilodeau, MD

Professeur titulaire de médecine

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