La région doit reprendre la parole

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Le candidat de Québec Solidaire dans Chicoutimi, Pierre Dostie.

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OPINION / Dans sa chronique du Quotidien du 9 février, Marc St-Hilaire rappelle comment l'abolition de la Conférence régionale des élus a laissé la région sans porte-parole pour défendre les enjeux de développement économique et social qui nous tiennent à coeur. Cette structure, loin d'être parfaite comme il le souligne, avait toutefois l'avantage de regrouper les acteurs économiques, les élus locaux et des représentants de la société civile pour développer une vision commune du développement régional et faire converger les stratégies et les efforts de tous et toutes.

Au même moment, les membres des conseils d'administration des établissements de santé et services sociaux ne sont plus élus, mais nommés, et bientôt ce sera le cas pour les commissaires scolaires. Les établissements publics ne seront plus gérés localement et les PDG régionaux se retrouvent quasiment des exécutants du ministre Barrette, qui donne ses ordres sans égard aux particularités régionales et locales.

Cette déconstruction démocratique n'est pas le fruit du hasard. C'est un élément central de la politique du gouvernement Couillard.

Le premier ministre, lors de son récent remaniement ministériel, a affirmé que «la 4e révolution industrielle est en marche». Il s'agit plutôt d'une véritable «contre-révolution tranquille» qui puise ses inspirations dans l'ouvrage Fourth Revolution de John Micklethwait et Adrian Woolridge et qui préconise un démantèlement des services publics afin de faire de la place au privé, tout en diminuant les «obstacles démocratiques» aux prises de décision rapides qui facilitent cette opération. Selon ces auteurs, les économies émergentes, avec lesquelles nos sociétés sont maintenant en compétition, sont des états autoritaires qui ne s'embarrassent pas des structures démocratiques et des droits sociaux et environnementaux. 

L'État doit donc s'amincir et devenir «plus agile». Le prix à payer pour cette transformation est très élevé: accessibilité et qualité des services réduites et déficit démocratique. Les décisions nous concernant sont alors prises ailleurs, dans les tours de Québec ou Montréal et sont influencées par les lobbys qui ont accès aux ministres qui font maintenant de la microgestion. Cette approche, contraire aux bonnes pratiques politiques et de gestion reconnues mondialement, semble néanmoins convenir au gouvernement Couillard et à ses amis, élus avec 40% des voix dans un système électoral qui ne brille pas par sa légitimité démocratique.

Au moment où la CRÉ agonisait, de nombreux acteurs du développement économique et social ont fait valoir la nécessité de préserver un lieu de concertation et d'action pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. On proposait d'imiter ainsi la région de l'Abitibi-Témiscamingue. Le message ne semble pas avoir encore été entendu. 

Pourtant, de nombreuses réussites sont le fruit de la concertation et de la participation citoyennes. Ce qui est payant pour notre région, c'est la diversification de notre économie dans le respect de nos droits sociaux, l'innovation en matière environnementale, l'entrepreneuriat à échelle locale, les commerces de proximité. Et ce sont tous ces secteurs qui s'effritent avec le recul démocratique opéré par l'actuel gouvernement. 

Les initiatives de nos entrepreneurs ont besoin des coups de pouce que peuvent fournir nos moteurs économiques que sont la Caisse de dépôt et placement, Investissement Québec, les fonds de travailleurs, le Fonds vert et également de lieux de concertation. Nous devons donner accès aux décideurs et aux investisseurs à nos citoyennes, pas seulement aux entreprises étrangères, pour nous permettre de créer des emplois et de la richesse ici. 

La région a besoin d'un député à Chicoutimi qui se portera à sa défense, qui travaillera de concert avec tous les élus et avec la société civile pour une vision commune et des actions concertées. Pour réclamer de meilleurs outils de développement économique et social par et pour les régions du Québec.

Pierre Dostie, candidat de Québec solidaire

Chicoutimi

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