La responsabilité de l'État

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Certains font porter aux enseignantes et enseignants et à leur contrat de travail le fardeau du désengagement de l'État en éducation.

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Le Quotidien

OPINION / Depuis qu'une entente est intervenue entre la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) et les représentants patronaux, des milliers d'enseignantes et d'enseignants ont fait connaître leur opinion en se rendant voter en assemblée générale. D'autres ont choisi de publier des commentaires dans les médias et sur les réseaux sociaux. Un tel débat est tout à fait sain dans une société démocratique comme la nôtre, et tous les points de vue doivent à la fois être entendus et respectés.

Cependant, là où certains font selon moi une erreur, c'est lorsqu'ils font porter aux enseignantes et enseignants et à leur contrat de travail le fardeau du désengagement de l'État en éducation.

Soyons clairs. L'état de délabrement des écoles, la qualité de l'air qu'on y respire et les toits qui coulent, ça n'a rien à voir avec la convention collective des profs. Les budgets pour l'aide aux devoirs, pour l'aide alimentaire? Rien à voir non plus. Quand on parle du manque de services, de l'absence de ressources pour les sorties et les projets ou du décrochage scolaire, c'est le sous-financement de notre système d'éducation qu'il faut pointer du doigt, pas la négociation avec le personnel enseignant. 

Bien que les enseignantes et enseignants en aient ressenti les effets dévastateurs, les coupes de plus d'un milliard de dollars qui ont eu lieu au cours des dernières années en éducation n'ont pas été faites à même leur convention collective. Au contraire, elles ont touché tout ce qui n'est pas protégé par cette entente. Le problème, c'est que l'austérité a frappé tellement fort dans les écoles que cela entretient parfois la confusion. 

À ma connaissance, il n'y a pas un membre du personnel enseignant au Québec, peu importe le syndicat qui le représente, qui est insensible à la pauvreté et à la vulnérabilité des enfants de sa classe, de son école ou de sa région. Pour cette raison, nous continuerons la bataille.

Dans une société comme le Québec, qui a à coeur l'égalité des chances et le développement de ses enfants, le gouvernement devrait comprendre qu'il y a urgence d'agir et réinvestir massivement en éducation. Quand les enfants et le personnel enseignant passent de longues journées dans des écoles délabrées et insalubres, le gouvernement ne devrait pas, au nom de l'austérité, penser en premier lieu à équilibrer des colonnes de chiffres. Il doit faire d'autres choix. 

Le combat, nous le poursuivrons avec tous les citoyens, parents et travailleurs du Québec qui ont clairement montré, depuis des mois, qu'ils font de l'éducation une réelle priorité. 

En terminant, je tiens à remercier tous les enseignants et enseignantes de la FSE. Par leur présence et leur engagement dans la dernière négociation, ils ont assurément freiné l'entreprise de déconstruction idéologique de notre convention collective qui se traduisait par une demande de compression de plus de 600 millions $. Ce contrat de travail, qui est probablement le dernier rempart pour protéger certains services aux élèves, a été attaqué de toutes parts et a tenu bon. Il a même été bonifié. Et ça, c'est grâce aux enseignantes et enseignants de la FSE et à leur incroyable mobilisation. Merci!

Josée Scalabrini, présidente de la FSE (CSQ)

Québec

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