La débâcle des Canadiens

La débandade des Canadiens de Montréal a quelque chose de pathétique. (Archives PC)

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Le Quotidien

La débandade des Canadiens de Montréal a quelque chose de pathétique.

Après avoir frôlé le sommet du classement de la Ligue nationale en début de saison, ils approchent dangereusement des bas-fonds du circuit Bettman.

Cette chute vertigineuse s'explique en grande partie par la perte de leur joueur étoile Carey Price. Price jouait dans la tête de l'adversaire, donnait confiance a ses coéquipiers et ceux-ci savaient qu'ils pouvaient prendre des risques sans nécessairement en payer le prix.

Cependant, un autre élément dont on discute moins, mais qui a toute son importance selon moi, explique la difficulté de la direction à redresser la barre, du moins à en limiter la chute. Plusieurs diront que les mentalités ont changé et que les temps d'aujourd'hui ne sont plus les mêmes, et j'en conviens largement. Par contre, la bonne vieille nature humaine demeure et demeurera toujours la nature humaine, je m'explique: les coachs du passé, tels Scotty Bowman ou Pat Burns, ont connu d'immenses succès, car ces derniers savaient insécuriser leurs joueurs et les forcer à se défoncer malgré eux.

Dès que tu renforces trop le sentiment de sécurité chez l'athlète, celui-ci en vient rapidement à ne plus faire le deuxième effort qui démarque les équipes gagnantes. Une main de fer dans un gant de velours.

Pourtant, Michel Therrien était ce style d'entraîneur et c'est ce qui l'a mené jusqu'à la LNH. Sous la gouverne de Marc Bergevin et d'un psychologue sportif, on a établi cette nouvelle mentalité de rester positif, de garder un bon climat dans le vestiaire malgré les échecs répétitifs et, à mon avis, c'est là que la haute direction a manqué le bateau.

En sécurisant les joueurs constamment, en leur disant qu'ils travaillent fort malgré les défaites, en les protégeant devant les médias, en leur disant que leur poste est assuré malgré cette période sombre, ils ont continué à jouer comme ils le font depuis deux mois sans augmenter leur hargne, leur combativité, sans avoir ce sentiment d'urgence qui provoque le désir de sortir à tout prix des coins de patinoires avec la rondelle.

Quand tu joues pour ton poste, quand tu joues pour ton contrat, quand tu joues pour demeurer dans les grandes ligues, le désir est différent. La direction du CH a franchi la ligne de démarcation du positivisme ce qui fait que les joueurs, inconsciemment, ne jouent plus avec l'énergie du désespoir, mais plutôt comme des hommes d'affaires qui savent qu'ils ne se feront pas trop taper sur les doigts.

Jean-Marc Girard, Jonquière

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