Mon amie Nicole n'est plus

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Le Quotidien

J'ai vu le nom de Nicole Houde pour la première fois sur un fil de presse au journal Le Quotidien. Je surveillais les nouvelles et là, j'apprenais qu'une fille de Saint-Fulgence venait de remporter le Prix du Journal de Montréal pour La Malentendue. C'était en 1983. Nous avions fait la première page du journal. Les médias écrits s'intéressaient encore à la littérature alors.

Nous sommes devenus des amis. Trente ans déjà. Nous avons toujours été des amis, même avant de se rencontrer... C'était comme ça avec toi. Et là... La fin. Le dernier tournant. La dernière page.

L'amie, la romancière, la lectrice, le grand coeur, la rieuse, la coquette, ma lectrice de manuscrit, l'amoureuse des fleurs, des oiseaux, des chats qui traversent ses romans n'est plus. Quand je pensais qu'un manuscrit était près de devenir un livre, je faisais appel à son oeil d'anthropologue. Je disais à la blague qu'elle n'était pas une lectrice, mais un scanneur. Elle voyait tout dans un texte.

Quand elle débarquait à la maison tout s'arrêtait. Quand elle téléphonait, plus rien n'avait d'importance. Elle possédait l'art d'arrêter le temps.

J'aimais la femme, l'amie, la lectrice, l'écrivaine unique qu'elle est et qu'elle restera. Un parcours unique, des romans lestés de vie. J'ai lu et relu Nicole au hasard de mes activités. J'en ai parlé si souvent dans mes conférences, mes rencontres autour des livres. J'en parlais tout le temps. Peut-être parce qu'elle était une compagne d'Amérique avec son univers si particulier. Elle aimait ceux et celles qui s'aventurent sur les petits chemins cahoteux et boueux. Elle avait un amour des humains et de sa famille qui ne s'est jamais démenti. Elle adorait Georges Brassens, Leonard Cohen, elle aimait tout court. Que de bons moments elle m'a fait vivre.

Amis lecteurs et lectrices, nous perdons une grande écrivaine, une grande Québécoise.

Elle a su repousser toutes les difficultés grâce à son amour des mots. Elle travaillait un récit il y a quelques semaines encore. Elle m'a fait lire les premières pages. Elle était pleine de doutes et c'était formidable comme toujours. Alors Nicole, tu es du côté de Gabriel Garcia Marquez, de Michel Tournier et de Gunther Grass, de Gaston Miron, de Gaétan Soucy et de Virginia Woolf. Ce que vous allez rire dans votre club de lecture.

Tu le sais, je vais écrire encore et encore pour continuer à parler de ton oeuvre unique au Québec. Je te dis bonne route «en plein midi soleil». Tu occuperas un grand remous dans ma mémoire, tu seras l'inconnue de mon jardin plein de musiques et d'oiseaux. Je pense à toi, pour que la vie soit vraie.

Yvon Paré, Saint-Henri-de-Taillon

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