Les raisins de la colère

L'attentat au Burkina Faso a fait 30 victimes,... (AFP, Issouf Sanogo)

Agrandir

L'attentat au Burkina Faso a fait 30 victimes, dont 6 Québécois.

AFP, Issouf Sanogo

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Carrefour du lecteur
Le Quotidien

OPINION / Qu'est-ce qui peut bien conduire à une pareille haine? Question posée suite à l'attentat perpétré au Burkina Faso, au cours duquel des coopérants québécois ont perdu la vie. Un acte barbare commis cette fois-ci par des terroristes d'al-Qaïda, nébuleuse djihadiste toujours bien vivante; et ce, malgré les milliards de dollars dépensés, entre autres, en Afghanistan par les pays occidentaux, comme le Canada, pour y mettre fin. Le président du petit pays voisin, le Bénin, Thomas Boni Yayi, est l'un de ceux qui a posé cette question à laquelle il feint, selon moi, d'ignorer la réponse.

Parce qu'en 2016, auront lieu des élections présidentielles dans cette démocratie de façade où les opposants subodorent que Boni-Yayi va tenter, comme d'autres potentats africains avant lui, de modifier à son avantage la constitution du pays pour se maintenir au pouvoir ad vitam eternam. La suite est facile à deviner : une guerre civile appréhendée favorisant l'action terroriste.

En Afrique, bien que les nouvelles technologies de communication favorisant les réseaux sociaux contribuent à faire reculer les frontières de l'ignorance et les inégalités, les racines de la démocratie y sont encore peu profondes, parce que de nombreuses dictatures y sont toujours bien en selle. Mettre fin à la complicité entre exploiteurs venus de l'extérieur et gouvernements corrompus n'est pas pour demain, tant s'en faut. Mais alors il ne faut pas se surprendre du découragement de certains et des révoltes justifiées qui s'en suivent face aux dictatures qui écrasent les moindres velléités de démocratie. Le désespoir d'une majorité que génère corruption, cupidité et soif de pouvoir d'une minorité finit par aboutir à une haine irrépressible et la radicalisation chez ceux et celles qui croient n'avoir plus rien à perdre. Sinon la tête.

Les fous d'Allah de Daech, pour mener leur campagne de terreur, ont évidemment des appuis. Au fait, qui achète le pétrole que Daech s'approprie en guise de butin de guerre? Également, ces pétromonarchies, comme celle de l'Arabie Saoudite, qui ne se contente pas de décapiter ses opposants et d'imposer la charia sur son territoire. Les Saoudiens fournissent aussi aux terroristes des armes, comme des jeeps de combat produits au Canada, financent la formation de djihadistes dans des écoles coraniques et leur consacrent les fonds nécessaires pour établir leurs califats en Afrique et au Proche Orient. La Syrie, l'Irak, le Mali, la Libye et le Nigéria sont quelques exemples de pays métastasés par Daech, al-Qaïda et autres nébuleuses djihadistes. Cependant, l'hypocrisie des Occidentaux n'est pas étrangère à ce déferlement de terrorisme qui met de plus en plus en danger la vie de celles et ceux qui s'engagent à aider les plus mal pris de la planète. Ces courageux et généreux travailleurs humanitaires qui oeuvrent à travers le monde au péril de leur vie pour faire reculer la pauvreté méritent toute notre admiration.

La pauvreté de plusieurs et l'opulence grandissante d'une minorité sont les sources premières des guerres de toutes sortes, parce que les mesures pour faire diminuer les inégalités socioéconomiques demeurent insuffisantes. Ça fait plus de quarante ans qu'une taxe sur les transactions bancaires a été suggérée par l'économiste américain, James Tobin, pour combattre la misère dans le monde; mais les politiciens continuent toujours d'en faire leurs choux gras d'une élection à l'autre, sans qu'on en voie poindre ne serait-ce qu'une once de concret. Également, les fraudes à l'impôt et les paradis fiscaux se multiplient parce que les autorités se montrent toujours incapables d'y mettre fin. Pour que les choses changent un tant soit peu, il faudrait une nouvelle génération de dirigeants capables de redonner confiance aux électeurs, inspirés de courage politique qui refuse la soumission aux requins de la finance.

Marcel Lapointe

Jonquière

Hommage à Lucille Dumont!

Je m'inquiétais. Je me demandais si Lucille Dumont avait déjà reçu, comme elle le mérite, de grands honneurs qui lui reviennent. Eh oui! Cette grande interprète, qui a tant fait pour la chanson au Québec, a reçu entre autres l'ordre national du Québec en 2001. De plus, un prix de la chanson porte son nom. Elle a célébré ses 97 ans le 20 janvier 2016 et je voudrais lui rendre, à ma façon, un hommage mérité.

En plus d'être une interprète douée, elle a chanté les plus grands, de Prévert à Vigneault en passant par Jacques Blanchet. Si l'on jette un coup d'oeil sur des photos de cette artiste, on ne peut s'empêcher d'être impressionnés par la beauté de cette grande dame de notre chanson. Malgré ses airs de vedette hollywoodienne, que l'on dénote justement sur des photos d'archives, Mme Dumont aura principalement fait carrière en français ici au Québec pour notre plus grand bonheur. Elle aura très peu endisqué, mais l'interprétation qu'elle aura su insuffler à chacune des chansons de son répertoire reste à jamais gravée dans notre mémoire collective. On a qu'à penser à la très belle chanson « Le ciel se marie avec la mer » de Blanchet.

Elle aura consacré une grande part de sa vie à l'enseignement du chant et ainsi contribué à donner le goût de la belle chanson à de jeunes talents qui pour plusieurs ont entrepris de belles carrières par la suite. Mme Dumont, merci pour votre contribution exemplaire à l'essor de la chanson d'expression française au Québec.

Yvan Giguère

Saguenay

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer