Boulevard Talbot: attention fragile!

M. Marc St-Hilaire, Vous avez donné, le 9 janvier dernier, un bon coup... (Archives Le Quotidien)

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M. Marc St-Hilaire, Vous avez donné, le 9 janvier dernier, un bon coup d'encensoir au projet du maire de Saguenay de refaire une beauté au boulevard Talbot.

Quelques jours plus tôt, Le Quotidien avait l'exclusivité de la nouvelle. Le maire Tremblay apparaît, tout seul, entouré de plans divers et de photos virtuelles, pour illustrer une annonce aussi subite qu'imprévue, comme sortie d'une boîte à surprises, qui aurait mérité, à mon avis, un questionnement plus sérieux.

Mais bon, on se dit que le montant investi, 3 millions$, vaut le déplacement, que le maire est inspiré par le goût de léguer «quelque chose» à ses citoyens. Et l'éditorialiste, suivi de l'ERD, d'y aller d'applaudissements aussi timides que tristes, «c'est un pas dans la bonne direction». Difficile de ne pas applaudir: enfin, on fait «quelque chose», sur le boulevard Talbot.

Le «quelque chose», c'est 1,2 km de trottoirs partagés entre piétons et cyclistes; c'est une vitesse réduite à 60 km/h; ce sont des poteaux électriques chargés chacun de neuf locataires qu'on cache avec des arbres, «C'est trop laid!»; c'est aussi la réduction d'un mètre de chaussée; et en prime, le «quelque, chose» c'est l'entrée de la ville, coin Barrette. «Ça va être chic!»

L'intention est bonne de vouloir améliorer, surtout quand le service de transport en commun en sort avantagé. En plus, on a des photos virtuelles, on a des plans, y'en a partout autour de moi. On est sérieux dans notre affaire puis, en plus, ça ne coûte pas cher, 3 millions$, incluant les canalisations, le tout pour une livraison en 2017. Qui peut s'opposer à ça?

Ça se peut que ça prive certains commerces de quelques places de stationnement, mais inquiétez-vous pas, on va arranger ça avec les commerçants. Les fils électriques enfouis, ça coûterait trop cher, on parle de 10 millions$. Puis, ça serait trop long. Il faudrait discuter avec chaque commerçant. Des discussions qui ne finissent pas. Je le sais ce qu'ils veulent, c'est l'enfouissement. Et ça, c'est impossible.Et venez pas me parler des 45 millions$ du quai de La Baie, ni du garage de 2 millions$ pour l'avionique du futur à l'aéroport, ni de cette belle structure noire de 10 millions$ devant la bibliothèque de Chicoutimi et, surtout pas, du 25 millions$ au Centre Georges-Vézina.

Vous allez voir. Y'a encore des chialeux d'intellectuels qui n'aimeront pas ça. Y'ont hâte que je parte, ça paraît! Y vont arriver avec «l'entrée de la ville» qui devrait être à l'intersection de la 170. La! Y vont se plaindre que c'est moi seul qui a décidé. Là, y vont dire que le boulevard Talbot appartient à toute la région, que tout le monde a une histoire à raconter sur cette route mythique. Là, y vont parler des heures qu'ils ont passées à faire du pouce à l'ancien rond-point, pas loin du Vio Restaurant, pour aller à Québec ou à Montréal. Et puis, là, y vont dire qu'on devrait faire attention avant de toucher au boulevard Talbot.

Y vont dire que le boulevard Talbot, c'est une route qui a une signification très profonde pour toute la région, que c'est le boulevard qui a percé la forêt pour nous ouvrir au reste du Québec et au développement. Qu'il s'agit d'un symbole précieux, très fragile, qui peut être «scrappé» très rapidement par des gestes politiques irréfléchis, comme de maquiller 1,2 km, pour montrer qu'on fait «quelque chose» !

Regardez-les aller: y vont demander de dépenser plus, de faire les choses comme il faut, de penser aux générations à venir. Y vont dire que les poteaux électriques et les arbres, ça va pas ensemble, surtout quand y vente, qu'y pleut et que ça tonne. Y vont dire que tant qu'à faire si peu, on est peut-être mieux d'attendre les infrastructures de Trudeau. Y vont dire que «l'entrée de la ville» devrait être à l'image de notre fierté, représenter notre combativité, notre goût des choses belles et bien faites, de notre audace. Y vont dire toutes sortes d'affaires...

Y sont jamais contents de rien!

Rosaire Gagnon, Saint-Ambroise

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