Granby: encore des victimes du système

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Le Quotidien

C'est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris comme l'ensemble de la population les événements tragiques qui sont survenus à Granby dimanche dernier. Un homme mal soigné, retourné trop vite dans la société, a commis l'irréparable. C'est impensable que personne ne puisse rien faire avant que ces évènements se produisent. Plusieurs personnes avaient pourtant crié à l'aide!

Depuis les dernières années, les services en santé mentale se sont modifiés partout à travers le Québec.

Le constat que nous sommes obligés de faire c'est que c'est ça notre système de santé maintenant! Les gens qui souffrent de problèmes de santé ou de maladies mentales graves comme la schizophrénie obtiennent leur congé de l'hôpital la plupart du temps trop rapidement. Cela fait en sorte que des gens qui ne sont pas stabilisés ressortent avec une prescription de médicaments qu'ils ne prennent pas dans une très forte proportion et c'est toute la population en général qui, par la suite, en fait les frais. Et la famille directe est encore plus affectée comme en fait foi le drame de dimanche dernier.

Depuis la désinstitutionnalisation qui avait comme intention de mettre fin à la marginalisation des personnes atteintes de maladie mentale, on peut parler de recul important. Je suis au Maillon depuis 23 ans et il y a quelques années, les personnes malades étaient traitées beaucoup plus adéquatement. Cela avait pour effet qu'on voyait rarement des drames comme ceux-là. Car, il est important de le mentionner, lorsque la personne est bien traitée, elle n'est pas plus dangereuse que la moyenne des gens. Par contre, le fait que la loi p.38 ait été modifiée a fait en sorte que les personnes peuvent refuser le traitement et ainsi sortir de l'hôpital avec une prescription qu'ils ne prendront pas pour la plupart, car, une constante dans la maladie mentale, c'est que les gens ne se croient pas malades: alors quand on n'est pas malade, à quoi bon prendre des médicaments?

Ajoutons aussi que de plus en plus de personnes se tournent vers la toxicomanie et la prise d'alcool, ce qui vient ajouter à leur problématique et les rend encore plus susceptibles de commettre des actes répréhensibles.

On a voulu, avec la désinstitutionnalisation, diminuer la marginalisation des personnes atteintes de maladie mentale, faire en sorte qu'elles ne soient plus montrées du doigt. Force est de constater des ratés importants à l'égard de ces voeux pieux.   

Avec le non-traitement, c'est tout le contraire qui est en train de se passer, les gens vont finir par penser, à tort, que ce sont toutes les personnes souffrant de problèmes de santé mentale qui sont dangereuses. Or nous savons par expérience que ces personnes quand elles reçoivent les soins appropriés et les bons traitements ne sont absolument pas dangereuses et améliorent grandement leur qualité de vie et celle de leurs proches.

Les familles n'en peuvent plus! Il faut que ça change! Le ministre de la Santé doit prendre des mesures afin que les familles et la population soient en sécurité. Des changements majeurs s'imposent en santé mentale.

Guylaine Laberge, Le Maillon, Saguenay

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