Oui aux biocarburants; non au GNL

GNL Québec souhaite construire une usine de liquéfaction... (Archives Le Quotidien)

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GNL Québec souhaite construire une usine de liquéfaction de gaz naturel à Grande-Anse au coût de 7 milliards $

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Le PDG de l''Association québécoise de la production d'énergie renouvelable (AQPER), M. Jean-François Samray, mélange vraiment tout. Personne n'a besoin d'une usine de liquéfaction aussi gigantesque que celle proposée par GNL Québec pour liquéfier le peu de biogaz que produirait le Québec. Ça n'a aucune commune mesure avec l'immense, que dis-je, la colossale quantité de gaz qui sera importée de l'Ouest canadien et des États-Unis par gazoduc pour alimenter les installations projetées à Grand-Anse. Gaz provenant de sources non renouvelables, il va sans dire.

Nous sommes en faveur du développement de la filière des biocarburants à petite échelle au Québec. Nous croyons que ça n'a aucun de sens de laisser échapper des centaines de mètres cubes de biogaz émanant de nos sites d'enfouissement, de nos usines d'épuration et des fausses à purins dans l'atmosphère alors qu'on pourrait s'en servir au passage pour énergiser une partie la province. Pour ce et dans la mesure où nous voulons garder une certaine rentabilité en minimisant les intervenants, il faut organiser la captation à la source et développer une culture de consommation de proximité de ces gaz.

Par exemple, comme ça se fait déjà en Europe, ces gaz pourraient propulser les camions qui font la collecte des matières résiduelles, les tracteurs de ferme, les équipements municipaux, les autobus et chauffer certains édifices. Mais il ne faut surtout pas se lancer dans le transport loin, loin, loin de ce gaz qui impliquerait sa liquéfaction. Ça minerait dangereusement la rentabilité du procédé. Le volume produit ne le justifierait nullement.

La valorisation des biocarburants représente certainement une avenue intéressante dans l'atteinte de l'objectif de l'accord de Paris qui vise à limiter la hausse de température moyenne globale à 2 degrés C d'ici 2050 comparativement à l'ère préindustrielle. Il s'agit d'une source énergétique dite CO2 neutre. C'est-à-dire que ces émissions de gaz carbonique auraient été émises de façon naturelle même sans l'intervention humaine et absorbée tout aussi naturellement par la végétation.

On parle ici du CO2 et des émanations de méthane contemporaines qui étaient déjà présentes il y a 175 ou 200 ans. À l'opposé, les hydrocarbures renferment des quantités phénoménales de gaz à effet de serre que la nature a pris des milliards d'années à séquestrer. En les utilisant, nous libérons des quantités gigantesques de GES dans l'air créant ainsi le véritable effet de serre et déstabilisant l'atmosphère et les océans.

En conclusion, le développement de la filière des biocarburants est certes très intéressant, mais ne justifie aucunement un projet de l'ampleur de celui d'Énergie Saguenay.

Benoît-Robin Lessard, Collectif Saguenay en phase «Terminal»

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