L'acceptabilité sociale

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Le Quotidien

Je reprends un article du Quotidien, paru le 6 janvier 2016, signé par le journaliste Denis Villeneuve et intitulé «Investissements dans le secteur de l'aluminium».

«Selon M. (Gilles) Bergeron (professeur en sciences économiques, indépendant, nouvellement retraité de l'UQAC), la signature des nouvelles conventions collectives, le retour d'une importante profitabilité à la suite d'un ménage organisationnel, la présence d'une acceptabilité sociale face aux projets soumis et l'entente intervenue avec le gouvernement du Québec en 2006 réunissent les conditions nécessaires pour que Rio Tinto Alcan (RTA) donne des signes positifs à la région.»

Je vous laisse le temps de relire au moins trois fois ce paragraphe. Vous démissionnez. Langue de murs d'université, vous direz? Non. On parle français à l'UQAC. On parle à du vrai monde dans les universités. On veut être compris.

Pourquoi ce français ampoulé, fermé à la compréhension du lecteur quotidien moyen? Relisez la troisième condition nécessaire pour que RTA donne «des signes positifs à la région».

Je reprends: «l'acceptabilité sociale face aux projets soumis». Nouveau jargon utilisé par la multinationale pour faire (accepter) à 6200 foyers de Chicoutimi, Saint-Jean-Eudes et Arvida, la présence d'un dépotoir de résidus de bauxite à ciel ouvert de plus d'un kilomètre carré en plein coeur de la cité.

Ce sont 6200 adresses civiques qui n'accepteront pas de devoir fermer leurs fenêtres de maison de peur de respirer cet air jaune orange 12 mois par année, qui porteront l'odieux de la fermeture de l'usine Vaudreuil. Parce qu'Alcan ne connaît pas ça la gérance des résidus de bauxite, c'est nouveau pour elle: ça fait seulement 87 ans qu'elle règle ce problème dans la région.

Depuis quand RTA (Alcan depuis 1929) a-t-elle besoin de «l'acceptabilité sociale» ? Pourquoi en 2016, alors qu'elle ne s'en est jamais préoccupée de cette «acceptabilité sociale» ? La question est plus que légitime pour les quelque 25 000 citoyens qui sont concernés.

Je ne me sens pas les épaules suffisamment solides pour porter seule, avec quelques autres, la décision odieuse de la fermeture d'une usine. Qu'on nous donne les vraies raisons.

Pauline Germain, Chicoutimi

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