La vraie croissance

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Le Quotidien

On est tous «climatos» face aux changements climatiques. Les climato-sceptiques sont aussi rares que ceux qui croient qu'Elvis est toujours vivant ou que la Terre n'est pas ronde.

Les climato-convaincus ont parfaitement raison de défendre un changement de paradigme économique pour éviter la catastrophe; en premier lieu, en laissant enfouis 85% des énergies fossiles pour se tourner résolument vers les ressources renouvelables. Pour leur part les climato-mitigés, largement majoritaires, se balancent du changement climatique ou font semblant de croire à l'épreuve des faits.

La plupart savent bien que l'activité humaine qui s'est intensifiée de façon exponentielle depuis plus d'un siècle a contribué aux gaz à effet de serre; mais ils sont davantage préoccupés par l'appât du gain que par la nécessité de léguer aux générations futures autre chose qu'un champ de ruines. Cette catégorie regroupe les compagnies en général, les multinationales en particulier, les gouvernements à leur botte et les gros consommateurs. La majorité d'entre eux prétend que l'on peut continuer à créer de la richesse en harmonisant l'économie traditionnelle avec l'écologie. Rien n'est moins sûr.

Selon les scientifiques, pour maintenir la température sous les 2 degrés de hausse d'ici 2100, comparativement à la température moyenne de la période préindustrielle d'avant 1900, il faudrait accomplir davantage que des mesures comme l'écofiscalité, un plafonnement des émissions ou une taxe carbone. Les premiers ministres Trudeau et Couillard ont fait leur profession de foi en la nécessité de lutter contre les gaz à effet de serre tout en défendant dur comme fer la construction d'un pipeline de 700 km à travers le Québec pour y faire couler du pétrole sale de l'Alberta. Dans le cadre de leur programme d'austérité, les libéraux québécois ont coupé dans la recherche forestière pour l'amélioration de la croissance des arbres, ces puits naturels de carbone.

L'imparable Fédération des chambres de commerce du Québec a aussi fait son credo pour le développement durable. Attirée cependant par l'odeur des milliards du Fonds vert québécois, tout en appuyant le pipeline d'Énergie-Est et l'exploitation du pétrole anticostien et du gaz naturel sur la rive sud du Saint-Laurent. Les manufacturiers de produits à durée déterminée favorisent l'obsolescence programmée en même temps qu'ils se targuent de fabriquer des produits écoresponsables. Les frileux élus municipaux sont incapables de décisions responsables, comme la mise en place du compostage et de la biométhanisation des déchets organiques. Il reste à convaincre ce magistère de climato-mitigés qui espère gagner du temps, parce que le temps c'est de l'argent, que des économies mirobolantes pourraient provenir de l'utilisation des énergies renouvelables dans une économie verte.

Il y a quelques mois, une recension du Fonds monétaire international (FMI) a sans surprise fait peu de bruit quand les sondages nous disaient, au cours de la campagne électorale fédérale, que la protection de l'environnement n'était pas une priorité pour les Canadiens. Une recension qui a mis en lumière la dépendance du Canada envers les énergies fossiles; une dépendance qui nous a coûté, en 2015, 60 milliards$ en subventions publiques.

Le FMI définit le montant des subventions publiques comme la différence entre ce que paient les consommateurs pour user des énergies fossiles et le coût réel pour l'ensemble de la société. Par exemple, seulement l'impact du changement climatique nous a coûté l'an dernier plus de 22 milliards$ et la pollution de l'air avec ses problèmes de santé publique, près de 8 milliards$. En outre, loin d'être une bonne nouvelle, les données du FMI font état d'un recours croissant des Canadiens aux énergies fossiles; la facture totale ayant augmenté de 10 milliards$ depuis 2013. Imaginons tout ce que le Canada pourrait accomplir avec 60 milliards$ de plus dans ses coffres annuellement grâce au recours aux énergies renouvelables.

Marcel Lapointe, Jonquière

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