Les CHSLD

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Le Quotidien

OPINION / En 1964, le premier permis pour un centre d'accueil a été octroyé par le ministère. Débutait alors l'ascension de ces centres.

En 1992, le nom de ces établissements a été modifié pour l'appellation de CHSLD (centres d'hébergement pour soins de longue durée et pour fin de vie).

Selon le MSSS et la loi sur la santé et services sociaux adoptée en 1971, la mission des CHSLD est d'assurer la prestation de services de qualité, continus, accessibles, sécuritaires et respectueux des droits de la personne. Ils se doivent également d'offrir une surveillance 24 heures par jour, et ce, 7 jours par semaine.

Les CHSLD accueillent les personnes en perte sévère d'autonomie physique et mentale et il existe trois types de CHSLD: publics conventionnés, privés conventionnés et privés non conventionnés... Pas facile de s'y retrouver!

Les CHSLD publics et privés conventionnés sont assujettis à des inspections gouvernementales (MSSS). Les CHSLD publics conventionnés relèvent directement du ministère alors que les CHSLD privés conventionnés sont dirigés par des particuliers propriétaires indépendants d'immeubles. Il faut préciser que pour ces deux types de CHSLD, les coûts sont défrayés par l'État, selon le revenu de la personne.

Quant aux CHSLD privés non conventionnés, ils sont totalement gérés par des propriétaires indépendants et entièrement autonomes quant au fonctionnement de l'établissement ainsi qu'aux critères d'admission. Le coût, évidemment plus élevé, est assumé par la personne requérant leurs services, mais cela ne garantit pas de meilleurs soins. Il est à noter que ceux-ci ne reçoivent pas de visite d'inspecteurs gouvernementaux.

Hormis les décès pour cause naturelle, pourquoi, depuis leur création, y dénombre-t-on 48 300 décès, chiffre tout à fait véridique et effarant? Les causes de mortalité les plus souvent invoquées sont: négligence criminelle (avec procès, mais peu de condamnations), asphyxie alimentaire, maltraitance, morts suspectes, prise de bains sans surveillance, étouffements, brûlures et tout ce qui n'a pas été révélé car, là aussi, subsiste une Omerta, cette sacrée loi du silence et de la non-divulgation d'informations.

Par conséquent, les bénéficiaires «invalides» et «cloisonnés» dans leur maladie n'osent pas dénoncer par peur de représailles ou de se retrouver dans un autre CHSLD. Ils sont dysfonctionnels, souvent seuls et subissent la honte, l'humiliation et surtout, la perte de la dignité fondamentale pour tout être humain (peu de bains, peu de changements de couches, peu de soins corporels; pour n'en citer que quelques-uns)! Ca me chamboule d'écrire cela!

Malgré toutes les plaintes transmises au ministère soit par les associations telles que l'AECP et l'AQDR, par le personnel qui a démissionné, par les familles visitant leurs aînés et les jugements rendus par la cour, peu d'actions concrètes ont été entreprises pour «rectifier le tir». Et que dire de la femme de 67 ans retrouvée morte 10 jours après son décès? Allo, y a-t-il quelqu'un?

Il a été clairement démontré que le personnel travaillant dans ces établissements était largement insuffisant (1 préposé pour 13 à 16 bénéficiaires selon l'établissement). Mais, je rêve! Que fait-on de la surveillance 24/7, des soins continus et de tout le tralala de la loi? Nous pouvons, sans aucun doute, en déduire que ce système est déficient et non efficient.

Mais, il y a des solutions! Pour n'en nommer que quelques-unes: installer des caméras de surveillance, forcer les visites des inspecteurs du MSSS (quoique qui dit gouvernement ne veut pas nécessairement dire «gouverne»), mandater un établissement local pour des inspections régulières et, entre autres, visiter régulièrement nos aînés. Il y a aussi l'euthanasie demandée par certains aînés qui le désirent. Encore faut-il qu'ils soient en mesure de le faire! Choquant, ne trouvez-vous pas? Mais leurs souffrances seraient abrégées et cela leur permettrait de mourir dignement.

Quoique l'aide médicale à mourir est en pleine controverse, elle peut, dès maintenant s'appliquer jusqu'à la décision sans aucune peine encourue par les médecins la pratiquant dès maintenant.

Un jour, nous retrouverons-nous peut-être dans un CHSLD et si aucun changement ne survient, nous paierons chèrement le prix pour ne pas avoir supporté nos aînés malades, souffrants, ayant besoin d'aide et de dénonciations afin d'améliorer cette situation pour le moins «monstrueuse» !

Dyan Fleury

Saguenay

La grandeur d'âme d'un sans-abri

Un itinérant, qui avait trouvé 850$ dans un portefeuille sur un trottoir un jour de l'An, avait eu la grandeur d'âme de remettre ladite somme aux autorités policières de sa ville. Six mois plus tard, la somme n'avait pas été réclamée et avait été retournée à notre pauvre itinérant. La nouvelle avait fait sensation dans les médias et nombreux sont ceux qui avaient salué le geste gratifiant de ce sans-abri. La population était majoritairement en accord avec le fait que le montant revienne à l'homme de la rue.

Alors notre homme, se voyant ainsi fortuné, avait décidé de se prendre en mains et de s'installer en appartement. On l'avait aidé à faire une demande d'allocation mensuelle au ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Il lui fallait bien un revenu minimal pour l'aider à payer son loyer et sa nourriture.

Mais voilà qu'il s'était vu refuser la somme à laquelle il avait droit, les deux premiers mois, puisque les fonctionnaires dudit ministère avaient considéré le fameux 850$ comme un revenu non déclaré.

Pourtant ce montant avait été trouvé par l'itinérant alors qu'il était à la rue et en flagrant problème financier, il va de soi. L'homme n'était pas encore prestataire de l'aide sociale, en fait. Et on peut poser la question suivante: en quoi une somme d'argent trouvée par terre peut-elle être considérée comme un revenu de travail? Se sentant floué par cette affaire, notre sans-abri quitta sa ville et embarqua dans le premier train venu en espérant trouver ailleurs un monde plus juste et équitable.

Yvan Giguère

Saguenay

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