L'autre côté de la médaille

Le gaz naturel liquéfié est-il réellement une énergie de transition? (Archives Le Quotidien)

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Le gaz naturel liquéfié est-il réellement une énergie de transition?

Selon les lobbyistes de l'industrie gazière, le gaz naturel serait un vecteur essentiel à la transition énergétique. Quel intérêt les compagnies gazières pourraient-elles avoir dans cette transition? Elles ont des gisements à exploiter et un produit à vendre. Ces entreprises existent pour le profit de leurs actionnaires et non pour le bien de la planète. Le gaz naturel liquéfié qui serait chargé sur les super méthaniers à Grande-Anse s'ajouterait à la demande énergétique mondiale et ne contribuerait en rien à réduire la dépendance aux énergies fossiles. Les compagnies gazières savent que la valeur de leur produit montera avec la demande. Elles doivent donc tout mettre en oeuvre pour la stimuler.

L'affirmation selon laquelle les pays de l'Europe de l'ouest cherchent d'autres sources d'approvisionnement pour remplacer le gaz de la Russie vient renforcer notre constat. Personne ne parle ici de diminuer la consommation de gaz Européenne mais plutôt d'affaiblir l'emprise du diktat Russe qui impose ses quatres volontés au reste de l'Europe en gardant la main sur le robinet du gaz. En diversifiant ses sources d'approvisionnement, l'Europe occidentale améliorerait grandement son pouvoir de négociation avec Vladimir Poutine, mais devons-nous en faire les frais? Je me permets ici de rappeler brièvement que le déversement de 16 millions de mètres cube d'eaux de ballast dans le fjord pose un risque réel sur la biodiversité de cet écosystème unique dont dépend directement 1600 emplois ici.

Aussi, prétendre que l'exportation de gaz naturel par des entreprises privées oeuvrant dans les provinces de l'ouest est bon pour l'économie de l'ensemble du pays ne tient pas la route. On sait par expérience qu'une industrie pétrolière et gazière forte entraîne une montée de la devise Canadienne. Une devise forte nuit aux exportations de produits manufacturiers dont dépend grandement l'économie québécoise.

Le lobby de l'industrie gazière affirme aussi que le gaz est beaucoup moins polluant que le pétrole et le charbon. C'est faux! Uniquement en phase de production, les 1.5 million (et plus) de puits de gaz de schiste actuellement en service aux États-Unis et au Canada émettent ensemble plus de polluants toxiques dans l'air que l'ensemble du parc automobile de ces pays et autant que toutes leurs centrales au charbon réunies. Ceci est documenté exhaustivement dans le documentaire Gasland: https://www.youtube.com/watch? v=cutGpoD3inc .

De plus, la technique de fragmentation hydraulique nécessaire à l'extraction des gaz de schiste cause beaucoup de dommages à l'environnement: contamination à grande échelle des nappes phréatiques, impossibilité de disposer des eaux de fragmentation contaminées au radon et aux hydrocarbures, tremblements de terre induits, va-et-vient incessant des milliers camions-citernes, problèmes sociaux, etc. On peut aussi parler du procédé de liquéfaction, du transport et de la consommation finale du GNL. Chacune de ces étapes émettent leurs lots de fuites de CO2 et de gaz méthane, un gaz à effet de serre 21 fois plus puissant que le CO2. On aura beau rêver aux hydrates de méthanes, ce ne sera qu'un pas de plus vers la catastrophe climatique.

Comment pourrait-on parler d'aluminium vert sans parler de l'hydroélectricité? De même, nous ne pouvons pas séparer le projet Énergie Saguenay de la provenance du gaz. Ce qui vaut pour l'un vaut pour l'autre.

Benoît-Robin Lessard, Porte-parole du collectif Saguenay en phase «terminal»

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