Justification du projet GNL

Les déclarations de Philippe Couillard sur l'exploration pétrolière au Québec... (Photo 123RF)

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Le Quotidien

Les déclarations de Philippe Couillard sur l'exploration pétrolière au Québec doivent être prises davantage pour une réplique à une question d'un journaliste de la presse internationale que pour une orientation bien établie après un débat en règle avec la société.

Quoi qu'il en soit, ce projet est destiné à l'exportation vers l'Europe qui est sous l'épée de Damoclès de l'approvisionnement russe, ce qui ne nuit aucunement aux objectifs de réduction de gaz à effet de serre du Québec. Car celle-ci découle de notre demande intérieure et on ne doit pas comptabiliser la consommation outre-mer. Sinon, dans la même logique, on devrait inclure la pollution en Chine pour tous les biens consommés ici et fabriqués là-bas, ce qui n'a aucun sens.

Pour les objecteurs de conscience, il est utopique de penser qu'à court terme, on réussira à lever le nez sur les carburants fossiles. Mais on peut les satisfaire amplement sur le plan de l'amélioration de la pollution et du réchauffement climatique considérant que le gaz naturel est le carburant le plus propre disponible et abondant pouvant écarter le charbon et le pétrole lourd, même si on parvient à faire des réductions à la source d'émissions polluantes, car cela augmentera le coût d'exploitation de ces ressources.

La Russie n'est pas un pays qui inspire le plus confiance en regard de ses agissements et de son attitude de domination. La position stratégique qu'elle s'est donnée depuis la chute de l'Union soviétique, avec ses oligarchies ayant la mainmise sur le pouvoir et les ressources, serait carrément inacceptable dans nos pays occidentaux considérant qu'on lynche nos politiciens pour s'être mis les doigts dans le crémage à gâteau.

Le projet gaz liquéfié de Grande-Anse est donc un enjeu stratégique pour l'Europe, et pour l'économie régionale, voire nationale. Par surcroît, si on se tourne vers l'avenir, et qu'on pense que nous sommes à bout de ressources, on oublie qu'une nouvelle ressource insoupçonnée a été découverte récemment et qu'elle pourra s'ajouter aux approvisionnements de gaz naturel liquéfié, soit les hydrates de méthane qui ont un potentiel énergétique équivalent ou supérieur à tout ce qui a été exploité. Il faudra un jour freiner notre expansion qui nous met en péril et ce n'est pas en se privant de ressources, mais en plafonnant leur utilisation par la démographie mondiale, en améliorant la qualité de leur utilisation et en réduisant ses impacts négatifs.

Le projet de Grande-Anse pourrait ainsi être un pôle majeur en Amérique du Nord, à l'image de ce qu'a été l'usine Alcan d'Arvida au temps de la 2e Guerre mondiale dans l'effort de guerre. Considérant le niveau de compétence industriel qu'offre la région à portée de main, le climat et la position géographique stratégique, nous sommes la terre d'enchantement pour ce projet. Nous avons une réputation verte sur le même pied que la Californie et le Vermont, profitons-en dès maintenant avant qu'il ne soit trop tard: nous avons les énergies vertes, l'aluminium vert, les meilleures méthodes au monde d'exploitation durable de la forêt boréale.

Pierre Charbonneau, Arvida

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