La société selon Bibi la Ramasse

Y paraît qu'on s'en va vers un genre de récession mondiale mes amis! Au Québec,... (Photothèque Le Soleil)

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Le Quotidien

Y paraît qu'on s'en va vers un genre de récession mondiale mes amis! Au Québec, on est en pleine austérité, en plus. Faut se serrer la ceinture. Et pis du chômage en veux-tu, en v'la! En tout cas à la télé du dépanneur du coin, là où on me laisse regarder les nouvelles à 10 h le soir, y parle juste de ça. C'est drôle, que j'me dis.

Je vais souvent au centre d'achat le vendredi et y'a du monde à la messe mes amis. Moi qui ramasse les fonds de poubelles pour trouver mes bouteilles vides, laissez-moi vous dire que j'ai même battu un record de cueillette en novembre dernier. Ah oui, en passant, on me surnomme «Bibi la Ramasse».

Au coin des petits restos du centre d'achat, y'a des files d'attente. Le monde, ça dépense pas pour rire. Mais, aux nouvelles du soir, on me bourre les oreilles avec une récession mondiale machin-truc qui nous guette!

Aille! Y paraît que les banques ne prêtent plus à qui le veut. Le monde qui veut s'acheter des maisons a juste à bien se tenir. Adieu hypothèques. On est presque en crise économique là, là, comme dirait si bien le maire de Saguenay!

Pourtant vendredi, j'ai eu toutes les misères du monde à traverser le boulevard Talbot, tellement y'avait d'autos. À fond la pédale sur le brûlage de pétrole. La Ville a dépensé des millions y'a quelques années pour nous faire de beaux trottoirs, mais j'ai l'impression qu'y a juste moi qui marche dessus. Le monde y sont toute dans leurs chars tu sais ben!

Moi qui a pas une saprée cenne en poche, j'arrive à m'en sortir avec mes 75 bouteilles vides par jour et mes restants de sous-marins trouvés dans les poubelles. Y'a même des bouteilles de jus à moitié vides. Le monde, y gaspille pas pour rire. Mais on est en grande période de chômage et d'austérité! En tout cas, ils nous lâchent pas avec ça à la télé.

Vous savez de toute façon, et tant qu'à Bibi, on en arrache partout sur notre planète. Sacré nom d'une pipe, des milliards de dettes accumulées depuis des dizaines d'années, dans des pays supposément prospères comme le Japon, les États-Unis et notre «Oh Canada». Pis ça, c'est sans parler des milliards que notre «plusse beau pays du monde» a dépensé pour ses fameux avions militaires. Y reste que des miettes pour la protection de notre environnement. J'suis p't'être juste un sans-abri, mais j'suis pas à l'abri de la connerie.

Mais, pour ma part, je peux quand même me compter chanceux. Ben oui, puisque mon ami Gérard du dépanneur me donne ma petite bière et ma sandwich à la fin des nouvelles le soir, en autant que j'passe le balai. À onze heures moins quart, c'est souvent la ruée dans sa place. Des fois, y'a une dizaine de grosses caisses de 24 qui sortent en 15 minutes. Y'a du monde, pis y sont toute de bonne humeur à part de ça. Mais on est en grande période d'incertitude économique y paraît. Faut croire qu'y a quelque chose que j'comprends pas.

En tout cas, moi monsieur Bibi la Ramasse, je vous dis à la prochaine. J'en profite aussi pour vous souhaiter une belle période des Fêtes, assez joyeuse et surtout pas trop austère.

Yvan Giguère

Saguenay

Un projet insensé

Après sa déclaration au Sommet de Paris sur les hydrocarbures, je me demande comment le premier ministre, Philippe Couillard, peut autoriser le projet d'Arianne Phosphate, lequel occasionnera 15 millions de kilomètres en transport routier? Comment je peux être fier de mon gouvernement maintenant? Il était pourtant juste, récemment, de lire les propos de Dominique Bernier, dans Le Quotidien du 17 décembre et dans Le Soleil du 19 décembre, selon lesquels il n'y a pas d'urgence à autoriser le projet de mine d'apatite d'Arianne Phosphate. Le BAPE n'avait pas donné son accord, le prix du phosphate est à la baisse et le plus gros client au monde se retire du projet similaire à Sept-Îles, soit celui de Mine Arnaud.

Suite à la conférence de Paris sur le climat, le premier ministre Philippe Couillard s'est félicité du rôle joué par le Québec: «Le monde entier parle du Québec», a-t-il dit au retour de sa mission.

Dans un tel contexte, je ne vois pas comment le premier ministre peut donner son accord à un projet qui ajouterait 61 000 km de transports par camion par jour, soit 15 millions de km par année, pour une seule mine, vers un port qui n'existe pas, alors qu'il y a déjà un port sous-utilisé sur la rive opposée, avec une desserte ferroviaire de 37 millions de dollars, construite il y a deux ans et qui n'a pas encore servi. On est loin du développement durable.

Il faut sortir du modèle du siècle dernier où l'on exploite nos ressources à grand coût pour notre environnement, au profit d'investisseurs étrangers qui nous laissent des miettes en redevances, et qui nous retournent à prix fort le produit transformé ailleurs.

Notre région a grandement besoin de projets qui pourraient non seulement prendre nos ressources, mais aussi les développer localement. Nous avons une université, un milieu d'affaire dynamique, des cerveaux qui doivent s'exiler. Pour intéresser de l'investissement local, il faut un projet crédible, réaliste, une vision à long terme et le côté environnement devient maintenant un incontournable.

Louis Bélanger

Chicoutimi

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